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Agriculture : le nouveau projet de loi d’orientation agricole consacre une nouvelle approche pour organiser et développer le secteur

Le projet de nouvelle loi d’orientation agricole et de souveraineté alimentaire constitue une approche renouvelée visant à réorganiser le secteur agricole, a indiqué mardi à Alger le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid. Il a également souligné le rôle attendu de ce texte dans le renforcement de la sécurité alimentaire en Algérie.

Lors d’un atelier consacré à la présentation, à la discussion et à l’enrichissement du projet de loi, le ministre a expliqué que ce texte permettra d’organiser et de moderniser le secteur agricole, tout en améliorant l’accompagnement des différents acteurs afin de consolider la souveraineté alimentaire nationale. Cela passera notamment par une meilleure coordination entre les différentes étapes de la chaîne agricole : production, stockage, transformation et distribution, et ce dans l’ensemble des filières.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a appelé à la préparation d’un nouveau projet de loi sur l’orientation agricole, dans le but d’établir une organisation globale et durable du secteur selon une vision prospective, élaborée avec la participation de spécialistes et de professionnels.

Selon le ministre, le projet vise également à préserver les ressources génétiques locales et à développer la production nationale de semences, afin d’atteindre l’autonomie dans les ressources génétiques végétales et animales. Il prévoit aussi de renforcer la résilience du système agricole, tout en mettant l’accent sur la gestion durable des ressources naturelles, notamment l’eau, les sols et la biodiversité, grâce à l’intégration de l’adaptation au changement climatique comme principe structurant de la politique agricole nationale.

Concernant le soutien au secteur, le projet de loi prévoit une réforme du système d’aide, privilégiant les subventions liées à la production et à la performance plutôt qu’aux intrants, ce qui permettra d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques et d’assurer une meilleure allocation des ressources.

Le texte prévoit également des mécanismes de régulation efficaces pour protéger les agriculteurs en cas de surplus de production, réduire les pertes post-récolte, et soutenir le développement de l’exportation et de la transformation agricole à travers l’élargissement de l’agriculture contractuelle.

Il inclut aussi un système intégré de gestion des risques agricoles, comprenant l’assurance agricole, des dispositifs de prévention contre les risques climatiques et des mécanismes visant à stabiliser les revenus des agriculteurs, tout en réduisant les délais administratifs et le nombre de documents exigés.

Sur le plan numérique, le projet vise à accélérer la transition technologique du secteur grâce à la mise en place de systèmes d’information agricoles intégrés et de dispositifs de traçabilité, notamment pour le cheptel et certains produits sensibles.

Parmi les autres axes du projet figurent le renforcement de l’investissement privé, à travers le développement des organisations professionnelles et l’encouragement des partenariats public-privé, ainsi que la formation continue et l’accompagnement de proximité des agriculteurs et éleveurs. Le texte prévoit également des mécanismes incitatifs pour attirer les jeunes et les porteurs de projets innovants.

Le ministre a toutefois précisé que la question du foncier agricole n’est pas abordée dans ce projet de loi, indiquant qu’un projet de loi spécifique au foncier agricole est en préparation, dans le but de clarifier le cadre juridique des terres agricoles et de garantir une gestion responsable des ressources naturelles.

De son côté, le président de la Chambre nationale d’agriculture, Mohamed Yazid Hambli, a salué ce nouveau projet de loi, soulignant l’importance d’associer les agriculteurs et les professionnels à l’élaboration des politiques futures du secteur, afin d’améliorer l’efficacité des décisions et les performances globales.

Pour sa part, le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens, Abdelatif Dilmi, a insisté sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des acteurs concernés dans l’élaboration des politiques agricoles, estimant que ce projet de loi offre un cadre de dialogue et de concertation visant à mettre les décisions au service des agriculteurs et des professionnels.

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