44444888.JPG

Avertissement contre la diffusion de classements des chaînes et des œuvres audiovisuelles non fondés sur des outils de mesure reconnus

L’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA) a mis en garde, dans un communiqué publié mardi, contre la diffusion de listes et de classements présentant des chaînes de télévision ou des œuvres audiovisuelles comme « les plus regardées » sans s’appuyer sur des outils de mesure reconnus. L’autorité a affirmé qu’elle prendra les mesures réglementaires nécessaires contre ces pratiques.

Le communiqué précise que, dans le cadre des missions qui lui sont confiées en vertu de la loi n° 23-20 relative à l’activité audiovisuelle, notamment son article 40, et dans le souci de veiller au respect des dispositions du cahier des charges général applicable aux services de communication audiovisuelle, fixé par le décret exécutif n° 24-250, l’Autorité attire l’attention des différents acteurs du paysage médiatique et publicitaire sur certaines pratiques susceptibles de porter atteinte à la transparence et à la crédibilité du secteur.

Dans un contexte marqué par la transformation numérique rapide du secteur de la communication et de la publicité, l’Autorité indique constater avec une vive inquiétude la multiplication de comportements visant à gonfler artificiellement les indicateurs d’audience et d’interaction sur les plateformes numériques, notamment par l’achat d’abonnés ou le recours à ce que l’on appelle les « fermes à clics », dans le but de donner une image trompeuse de la taille réelle du public.

Selon l’Autorité, ces pratiques ne constituent pas seulement une manipulation technique, mais relèvent également de comportements susceptibles de nuire à la transparence du marché publicitaire et d’influencer directement les décisions des annonceurs, qui fondent leurs investissements sur des indicateurs inexacts. Cela peut entraîner un gaspillage des ressources financières et une atteinte à la confiance dans l’environnement médiatique.

Elle souligne également que le gonflement artificiel des indicateurs d’interaction ou la diffusion de données non fiables concernant les taux d’audience peut être assimilé à des pratiques de publicité trompeuse, interdites par l’article 51 du cahier des charges, car elles portent atteinte aux principes de concurrence loyale que l’Autorité s’emploie à protéger.

Consciente de la sensibilité des périodes marquées par une forte activité publicitaire, notamment durant le mois sacré de Ramadan, l’Autorité met en garde contre la diffusion de listes et de classements prétendant établir le palmarès des chaînes ou des productions audiovisuelles « les plus regardées » sans se baser sur des outils de mesure fiables et reconnus.

Elle précise également à l’opinion publique que, faute d’une institution nationale spécialisée et accréditée dans le domaine des sondages et de la mesure des audiences selon des normes scientifiques unifiées en Algérie, les données et résultats diffusés ne peuvent être considérés comme des références fiables. Ils sont souvent utilisés pour justifier une hausse artificielle des tarifs publicitaires ou exercer une pression commerciale injustifiée sur les annonceurs.

Dans ce contexte, l’Autorité rappelle à tous les opérateurs de services de communication audiovisuelle, y compris ceux actifs sur Internet, les dispositions de l’article 41 du décret exécutif n° 24-250, qui stipule que la publication des taux d’audience ou d’écoute doit provenir exclusivement d’organismes spécialisés et accrédités.

Par conséquent, l’Autorité souligne que la publication ou la promotion de données ne reposant pas sur des méthodologies de mesure reconnues constitue une forme de désinformation du public et des acteurs économiques.

Réaffirmant que la protection du consommateur et le renforcement de la confiance dans l’environnement médiatique figurent parmi ses priorités, l’Autorité appelle les chaînes de télévision, les agences publicitaires et l’ensemble des acteurs du secteur à faire preuve de responsabilité professionnelle et à respecter les principes de transparence et d’intégrité dans l’activité publicitaire, afin de préserver l’équilibre économique du secteur et les droits des annonceurs comme du public.

Enfin, l’Autorité a indiqué qu’elle prendra, à la suite de la publication de ce communiqué, les mesures réglementaires nécessaires contre toute infraction ou dépassement, qu’ils se produisent à l’antenne ou sur les plateformes numériques relevant des opérateurs de services audiovisuels.

Articles relatifs

Leave a Comment