Conseil islamique supérieur : une conférence scientifique met en lumière le rôle pionnier de l’Algérie dans la préservation du Coran
Dans une atmosphère ramadanesque empreinte de sérénité et de recueillement, le siège du Conseil islamique supérieur a accueilli une conférence scientifique accompagnée d’une exposition spécialisée consacrée à « l’histoire du Saint Coran », organisée en collaboration avec le Centre de recherche en sciences islamiques et civilisation de Laghouat. Cette manifestation a constitué une occasion importante de mettre en valeur le parcours du Mushaf algérien et les efforts de l’État pour préserver l’identité religieuse nationale à travers les époques.
La conférence a été ouverte par le président du Conseil islamique supérieur, le professeur Mabrouk Zaid El-Kheir, qui a souligné que cette rencontre représente un rappel de la mémoire et de la profondeur civilisationnelle de la nation. Il a expliqué que le Mushaf algérien, avec sa calligraphie traditionnelle et son écriture algérienne distinctive, n’est pas seulement un texte écrit, mais un rempart pour l’identité et un garant de la référence spirituelle du peuple algérien. Il a également affirmé que le Conseil s’emploie, à travers ce type d’activités, à rapprocher les jeunes générations de l’héritage des savants et à ouvrir la voie à la numérisation et à l’innovation dans la recherche religieuse.
De son côté, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, a présenté une intervention mettant en avant les efforts considérables de l’État algérien dans l’édition et l’impression du Saint Coran. Il a indiqué que l’Algérie a mobilisé d’importants moyens humains et matériels afin d’assurer la publication du Mushaf selon les normes scientifiques les plus rigoureuses, soulignant que cette attention constitue un pilier essentiel pour renforcer l’unité nationale et préserver la référence religieuse authentique de l’Algérie.
Dans un moment empreint d’émotion, le recteur de la Grande Mosquée d’Alger a évoqué les souvenirs de l’impression du premier Mushaf algérien après l’indépendance. Il a rappelé la joie ressentie par les Algériens lorsqu’ils ont tenu entre leurs mains le premier Coran imprimé dans l’Algérie libre, soulignant l’impact profond de cet événement, notamment auprès des étudiants africains qui étudiaient en Algérie, faisant du Mushaf algérien un symbole de liberté, de souveraineté et de rayonnement scientifique en Afrique.
Sur le plan académique et artistique, le professeur Khaled Khaldi de l’université de Tiaret a présenté une communication intitulée « La calligraphie des Mushafs algériens : l’écriture algérienne mabsoût », mettant en lumière les caractéristiques esthétiques propres aux calligraphes algériens.
L’événement a également été marqué par le lancement de plusieurs projets technologiques, dont la signature d’un accord de coopération avec l’Office des publications universitaires (OPU) pour promouvoir l’édition numérique, ainsi que le lancement de l’application « Fayd Al-Majlis », développée en collaboration avec l’incubateur de l’université de Tipaza, destinée à traiter de manière interactive les questions intellectuelles et juridiques contemporaines.
Dans un geste de reconnaissance, le Conseil a annoncé la dénomination de sa salle d’honneur au nom du défunt érudit Cheikh Ahmed Hammani, en hommage à son parcours scientifique et à ses contributions dans le domaine du fiqh malikite et du système religieux national.
La conférence s’est conclue par une séance de débats et d’échanges, au cours de laquelle les universitaires et chercheurs présents ont insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour documenter et numériser les manuscrits coraniques algériens, tout en recommandant le renforcement des partenariats entre institutions religieuses et universitaires afin d’approfondir la recherche sur l’histoire de la calligraphie maghrébine et algérienne.
Les participants ont enfin salué le rôle du Conseil islamique supérieur dans le renforcement de la coopération entre les différentes institutions, notamment le ministère des Affaires religieuses, la Grande Mosquée d’Alger et la Ligue des savants, prédicateurs et imams des pays du Sahel, contribuant ainsi au rayonnement scientifique et culturel de l’Algérie sur les plans régional et international.
