Allemagne : À Zwickau, salariés et syndicats défendent la place de Volkswagen dans la région
Kessar Adel
Des salariés du constructeur automobile Volkswagen ont manifesté à Zwickau, en Allemagne, accompagnés de membres de leurs familles, pour défendre l’avenir de la production automobile sur ce site industriel. Les représentants du personnel ont appelé à garantir la présence durable du constructeur dans la région, soulignant l’importance historique de l’industrie automobile pour l’économie locale du Land de Saxe.
Le président du comité d’entreprise de l’usine, Mario Albert, a rappelé que la région s’est développée autour de la construction automobile et que cette activité doit, selon lui, continuer d’y jouer un rôle central. Son adjoint, Mike Rösler, a pour sa part appelé les salariés à se mobiliser afin que le site conserve sa production au-delà de 2030.
Ces inquiétudes interviennent alors qu’un rapport évoquant un nouveau programme d’économies au sein de Volkswagen a suscité des réactions dans l’entreprise. Selon le magazine économique Manager Magazin, le groupe pourrait chercher à réduire ses coûts d’environ 20 % d’ici 2028, dans un contexte marqué notamment par le ralentissement des ventes en Chine et l’impact des droits de douane américains.
Un accord conclu fin 2024 prévoit déjà la suppression de 35 000 postes en Allemagne d’ici 2030, principalement par des départs volontaires, des retraites et d’autres mesures considérées comme socialement encadrées. En contrepartie, la direction avait exclu la fermeture d’usines.
À Zwickau, ces évolutions ont conduit à une révision à la baisse des perspectives de production. Selon les données communiquées, environ 1 200 emplois ont été supprimés depuis la signature de l’accord, notamment à la suite de départs à la retraite, de ruptures conventionnelles et du non-renouvellement de contrats à durée déterminée. L’usine fonctionne désormais avec deux équipes au lieu de trois, et plusieurs modèles devraient être transférés vers d’autres sites du groupe dans les prochaines années.
Dans le même temps, le site de Zwickau doit développer une nouvelle activité liée à l’économie circulaire. À partir de 2030, l’usine pourrait reconditionner ou démonter jusqu’à 15 000 véhicules par an, selon leur état, afin de réutiliser certaines pièces pour le marché de l’occasion ou de récupérer des matières premières. Ce projet pourrait permettre de maintenir environ 1 000 emplois.
Actuellement, l’usine produit exclusivement des véhicules électriques. L’une des deux lignes de production fonctionne à un rythme soutenu, avec des heures supplémentaires pour certaines équipes. Les représentants des salariés estiment toutefois que cette situation reste temporaire.
Selon eux, l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient et ses effets potentiels sur les prix de l’énergie pourraient renforcer l’intérêt pour la mobilité électrique. Ils soulignent cependant la nécessité d’accompagner cette transition par le développement des infrastructures de recharge, une baisse du prix de l’électricité et la mise en place d’un système de paiement harmonisé.
Par ailleurs, les salariés de l’usine de Zwickau doivent élire un nouveau comité d’entreprise la semaine prochaine. Environ 8 200 employés sont appelés à voter pour désigner les 35 représentants du personnel. Outre le syndicat IG Metall, historiquement influent dans l’entreprise, deux autres listes sont également en lice.
