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Face aux critiques du Pacte vert, la société civile européenne plaide pour une nouvelle approche

Kessar Adel

Le président du groupe des organisations de la société civile au Comité économique et social européen (CESE), Cillian Lohan, appelle l’Union européenne à repenser son approche politique afin de renforcer le lien avec les citoyens, dans un contexte où certaines politiques européennes, notamment celles liées au Pacte vert européen, font l’objet de critiques et de débats.

Selon lui, trois priorités devraient guider l’action de la société civile européenne dans les prochaines années : la promotion de la paix, la défense de la démocratie et le renforcement de communautés résilientes. Ces objectifs s’inscrivent dans le cadre plus large des Objectifs de développement durable adoptés par les Nations unies pour l’horizon 2030.

Dans le cadre de son mandat, le CESE entend continuer à contribuer au processus législatif européen en examinant les propositions présentées par la Commission européenne et en formulant des recommandations. Plusieurs initiatives devraient être suivies de près à partir de 2026, notamment la future stratégie européenne pour la société civile ainsi qu’une plateforme de dialogue destinée à renforcer les échanges entre les organisations non gouvernementales et les institutions européennes sur les questions de démocratie, de droits fondamentaux et d’État de droit.

Pour le président du groupe, cette future plateforme doit permettre de mieux faire remonter les préoccupations et les propositions issues de la société civile vers les décideurs européens. Le CESE affirme représenter des réseaux regroupant près de 90 millions de citoyens à travers l’Europe et souhaite élargir encore ces connexions en intégrant davantage d’organisations partenaires.

Le comité souligne également son rôle consultatif dans l’élaboration des politiques européennes. Selon ses responsables, certaines de ses contributions ont été reprises dans des initiatives internationales, notamment dans les travaux présentés par la Commission européenne aux Nations unies concernant la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

Par ailleurs, le CESE met en avant son implication dans la promotion de l’économie circulaire. En partenariat avec la Commission européenne, il a contribué au lancement en 2017 d’une plateforme européenne réunissant différents acteurs économiques et associatifs afin de favoriser le dialogue et d’identifier les obstacles rencontrés dans l’application des politiques publiques.

Au-delà des institutions européennes, le comité encourage les citoyens à s’impliquer davantage dans les réseaux associatifs et les organisations locales. Selon Cillian Lohan, de nombreux citoyens sont déjà indirectement connectés à des structures nationales ou européennes de la société civile, sans toujours en avoir conscience.

La notion de « communautés résilientes » occupe également une place importante dans la vision défendue par le CESE. Elle renvoie à la capacité des territoires à faire face aux crises économiques, sociales ou environnementales en mobilisant des ressources locales et en favorisant la participation des habitants. Des initiatives comme les projets d’énergie communautaire ou le développement d’activités locales de réparation et de recyclage sont souvent citées comme exemples.

Dans ce contexte, la transition écologique reste un enjeu central, mais elle doit, selon le comité, être mise en œuvre de manière plus inclusive. Certaines politiques environnementales ont parfois été perçues par une partie de la population comme contraignantes ou coûteuses. Pour éviter un rejet de la transition, les responsables du CESE estiment que les solutions durables doivent être accessibles et abordables pour l’ensemble des citoyens.

Ils soulignent également l’importance de la mobilisation citoyenne pour protéger la société civile face aux pressions politiques ou aux restrictions visant certaines organisations non gouvernementales. Des mouvements de mobilisation internationale, comme Fridays for Future, ont montré selon eux la capacité des citoyens à influencer les priorités politiques.

Enfin, le comité insiste sur la nécessité de renforcer la perception de la démocratie européenne. Selon Cillian Lohan, certaines critiques présentant l’Union européenne comme une structure technocratique éloignée des citoyens reposent sur des perceptions erronées. Il rappelle que les décisions européennes sont prises conjointement par les gouvernements nationaux et par le Parlement européen, élu directement par les citoyens.

Dans ce contexte, il appelle les Européens à s’engager davantage dans la vie démocratique et associative afin de contribuer activement aux débats et aux décisions qui façonnent l’avenir du continent.

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