Sánchez défie Trump : l’Espagne dit « non à la guerre » et refuse d’ouvrir ses bases contre l’Iran
Hamadache.A.K
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a réagi mercredi aux propos du président américain Donald Trump, qui avait critiqué Madrid pour avoir refusé d’autoriser les avions américains à utiliser les bases militaires espagnoles afin de mener des frappes contre l’Iran. Il a affirmé que la position de son gouvernement était claire et résumée en une formule : « Non à la guerre ».
Dans une allocution télévisée relayée par l’Agence France-Presse, Pedro Sánchez a assuré que son gouvernement « ne se rendra pas complice d’une action qui nuirait au monde et irait à l’encontre de nos valeurs et de nos intérêts par crainte de représailles ». Il a ajouté que « la catastrophe est inacceptable », soulignant que plusieurs pays, ainsi que des millions de citoyens en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, partagent cette opposition à toute nouvelle escalade ou à un avenir marqué par l’incertitude.
La veille, à la Maison-Blanche, Donald Trump avait qualifié l’Espagne d’« allié épouvantable » lors de sa rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Il a également reproché à Madrid de ne pas s’engager à respecter l’objectif fixé par les pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord visant à porter les dépenses de défense à 5 % du produit intérieur brut, une exigence qu’il défend en estimant que les États-Unis assument la plus grande part du fardeau au sein de l’Alliance.
Les relations entre Washington et Madrid se sont récemment tendues sur plusieurs dossiers, notamment l’opposition du gouvernement espagnol à la guerre à Gaza, ainsi que ses critiques à l’égard d’une opération militaire américaine au cours de laquelle le président vénézuélien Nicolás Maduro aurait été arrêté.
Les forces américaines utilisent les bases navale de Rota et aérienne de Morón, situées en territoire espagnol. Il convient de rappeler que le gouvernement de l’ancien Premier ministre José María Aznar avait fermement soutenu la position américaine lors de l’invasion de l’Irak en 2003.
