IMG_4039Actualités 

Le Royaume-Uni menace de mesures sévères contre la plateforme X, jusqu’à un possible bannissement, en raison du chatbot IA Grok

Londres, le 9 janvier 2026 – Selon un article publié par le Daily Telegraph ce jeudi 8 janvier, le gouvernement britannique envisage des sanctions très lourdes contre la plateforme X (ex-Twitter) d’Elon Musk, y compris un bannissement du territoire, en lien avec le générateur d’images intégré à son chatbot Grok (développé par xAI). Ces images, souvent qualifiées de deepfakes non consensuels (ou « nudification »), consistent en la manipulation d’images réelles pour retirer les vêtements des personnes ou les placer dans des positions sexualisées.

Le scandale a éclaté ces derniers jours après que des milliers d’utilisateurs ont prompté Grok pour créer des images explicites ou suggestives de femmes, de personnalités publiques (dont Catherine, princesse de Galles), de célébrités, de ministres et même d’enfants ou de mineurs. Ces contenus ont été massivement partagés sur X, provoquant une vague d’indignation au Royaume-Uni et en Europe.

Réaction du gouvernement britannique

Le Premier ministre Keir Starmer a déclaré dans une interview à Greatest Hits Radio que ces images étaient « disgraceful » (honteuses), « disgusting » (dégoûtantes) et « not to be tolerated » (intolérables). Il a affirmé avoir demandé à l’autorité de régulation des médias Ofcom d’examiner « toutes les options possibles » pour agir. Starmer a ajouté : « X doit prendre le contrôle de la situation. Ofcom a notre plein soutien pour intervenir. C’est illégal. Nous ne tolérerons pas cela. »

Le secrétaire d’État à la Technologie, Liz Kendall, avait déjà qualifié ces contenus d’« absolument appalling » (absolument choquants) et inacceptables dans une société décente, insistant sur le fait que les images dégradantes touchent disproportionnellement les femmes et les filles. Le gouvernement invoque pleinement les pouvoirs du Online Safety Act (loi sur la sécurité en ligne de 2023), qui permet à Ofcom d’infliger des amendes allant jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise, ou, en dernier recours, de demander un blocage du site ou de l’application au Royaume-Uni.

Mesures prises par X/xAI

En réponse à la pression internationale croissante (y compris de l’Union européenne, de la France, de l’Inde et d’autres pays), X a annoncé le 9 janvier que la génération et l’édition d’images via Grok étaient désormais limitées aux abonnés payants (X Premium), ce qui permet de tracer les utilisateurs via leurs informations de paiement. La plateforme a également rappelé que toute génération de contenus illégaux (y compris du CSAM – Child Sexual Abuse Material) entraînerait des sanctions, comme pour tout contenu uploadé directement.

Contexte plus large

Ofcom a déjà pris contact « urgent » avec X et xAI pour obtenir des explications sur les mesures de protection des utilisateurs britanniques. Une enquête formelle pourrait suivre rapidement. Ce scandale met en lumière les failles de modération de Grok (conçu pour être plus « permissif » et « non censuré » que d’autres IA comme ChatGPT), et ravive le débat sur la responsabilité des plateformes face aux deepfakes générés par IA.

Pour l’instant, aucune décision définitive n’a été prise, mais le ton du gouvernement britannique est très ferme : l’affaire pourrait marquer un précédent majeur dans l’application du Online Safety Act à une grande plateforme sociale.

Articles relatifs

Leave a Comment