Moscou annonce une frappe massive sur des sites vitaux ukrainiens, y compris avec le missile « Oreshnik »
Le 9 janvier 2026, le ministère russe de la Défense a annoncé que les forces armées russes avaient mené, durant la nuit précédente, une frappe massive contre des infrastructures critiques en Ukraine. Cette opération incluait l’utilisation du missile balistique hypersonique de portée intermédiaire « Oreshnik » (nom signifiant « noisetier » en russe), lancé depuis le site d’essai de Kapustin Yar.
Selon le communiqué officiel russe, cette frappe constitue une réponse directe à ce que Moscou qualifie d’« attaque terroriste » menée par Kiev le 29 décembre 2025 contre une résidence du président Vladimir Poutine dans la région de Novgorod (Valdaï), impliquant prétendument 91 drones. L’Ukraine, les États-Unis et plusieurs pays occidentaux ont qualifié cette accusation de propagande et de « fake news », sans preuve concrète fournie par la Russie.
Détails de l’attaque du 8-9 janvier 2026
• Armement employé : Missiles de haute précision (sol et mer), drones kamikazes, et au moins un missile Oreshnik.
• Cible principale : Région de Lviv (ouest de l’Ukraine, proche de la frontière polonaise), notamment un important site de stockage souterrain de gaz (l’un des plus grands d’Europe) et des infrastructures énergétiques/militaires liées à la production de drones.
• Bilan global : Selon les autorités ukrainiennes, la Russie a lancé environ 36 missiles et 242 drones au total. Au moins 4 à 5 personnes tuées (principalement à Kiev), plusieurs blessés, dégâts sur des immeubles résidentiels, coupures d’électricité massives en hiver.
• Confirmation ukrainienne : Le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) a publié des photos de débris présentés comme provenant de l’Oreshnik (éléments de guidage, moteur, stabilisation).
Le missile Oreshnik : une arme de démonstration ?
Développé rapidement et présenté par Vladimir Poutine comme « impossible à intercepter » (vitesse hypersonique jusqu’à Mach 10, soit environ 12 000 km/h), l’Oreshnik est un missile balistique à portée intermédiaire capable d’emporter des ogives conventionnelles ou nucléaires.
Il s’agit de sa deuxième utilisation connue dans le conflit (la première datant de novembre 2024 contre une usine à Dnipro).
Ce tir, très proche de la frontière polonaise (membre de l’OTAN), est largement interprété comme un signal d’avertissement adressé à l’Occident et aux pays de l’UE/OTAN, dans un contexte de discussions sur de potentielles garanties de sécurité pour l’Ukraine et de négociations de paix sous influence américaine.
Réactions internationales
• Union européenne (Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie) : « Escalade inacceptable », preuve que Poutine « ne veut pas la paix ». Appel à renforcer les sanctions.
• France, Allemagne, Royaume-Uni : Condamnation unanime, qualifiant l’attaque d’« escalade non provoquée ».
• Ukraine : Le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha a qualifié le tir d’« Oreshnik » près de la frontière UE/OTAN de « menace grave pour la sécurité européenne » et a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU.
• Occident en général : Les alliés de Kiev dénoncent l’usage d’une arme nucléaire-capable comme un moyen de pression psychologique et stratégique.
Cette nouvelle frappe intervient alors que les discussions sur un éventuel accord de paix (promu notamment par l’administration américaine) semblent fragiles, et que l’hiver rend les attaques sur les infrastructures énergétiques particulièrement destructrices pour la population civile ukrainienne.
La situation reste très tendue, avec un risque d’escalade supplémentaire si de nouvelles réponses militaires interviennent.
