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L’Algérie au Conseil de sécurité (2024-2025) : Une voix solitaire face au silence international

Élue en juin 2023 membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour 2024-2025 avec un soutien massif (184 voix), l’Algérie a marqué son retour après vingt ans d’absence par une diplomatie audacieuse. Représentant l’Afrique, le monde arabe et les pays du Sud, elle a défendu avec fermeté les principes du droit international et le droit des peuples à l’autodétermination, sous la conduite de son ambassadeur Amar Bendjama.

La cause palestinienne : Un combat acharné contre les veto américains

L’Algérie s’est distinguée par son engagement inébranlable sur Gaza, menant plusieurs initiatives pour un cessez-le-feu immédiat face à l’offensive israélienne débutée en octobre 2023.

•  Février 2024 : Projet de résolution algérien pour un cessez-le-feu humanitaire immédiat, veto par les États-Unis (13 voix favorables, Royaume-Uni abstenu).

•  Mars 2024 : Adoption historique de la résolution 2728 (proposée par les membres élus), exigeant un cessez-le-feu pendant le Ramadan menant à une trêve durable et la libération des otages (14 voix, États-Unis abstenu). Premier succès majeur.

•  2024-2025 : Multiples veto américains (au moins six au total jusqu’en septembre 2025) sur des textes similaires, isolant Washington qui se retrouvait souvent seule contre 14 membres.

Amar Bendjama a prononcé des discours percutants, qualifiant les événements de « génocide » et avertissant d’un « troisième échec » du Conseil après le Rwanda et la Bosnie. L’Algérie a forcé les États-Unis à payer un prix diplomatique élevé pour chaque veto, maintenant la question palestinienne au centre des débats.

Autres dossiers régionaux

•  Sahara occidental : L’Algérie s’est abstenu ou n’a pas participé aux votes renouvelant le mandat de la MINURSO (2024 et 2025), critiquant l’ignorance de ses propositions (surveillance des droits humains) et le soutien implicite au plan marocain.

•  Syrie : Après la chute de Bachar el-Assad fin 2024, l’Algérie a présidé des débats en janvier 2025, plaidant pour une transition inclusive menée par les Syriens, sans ingérence extérieure.

•  Libye, Yémen, Soudan : Positions équilibrées appelant à des solutions politiques, à la lutte contre le terrorisme et à l’aide humanitaire.

•  Ukraine : Neutralité respectant la souveraineté, avec appels au dialogue.

En janvier 2025, lors de sa présidence tournante, l’Algérie a organisé des débats clés sur la Palestine, le terrorisme en Afrique et la coopération avec la Ligue arabe.

Un héritage reconnu

Malgré les limites imposées par les veto, l’Algérie a imposé les voix du Sud global, isolé les positions pro-israéliennes extrêmes et obtenu des avancées comme la résolution 2728. Amar Bendjama a été élu « Diplomate de l’année 2025 » par le média américain PassBlue pour sa défense courageuse de la cause palestinienne.

À la fin de son mandat le 31 décembre 2025, l’Algérie laisse un bilan de principe et de ténacité : une diplomatie qui, seule face aux grandes puissances, a refusé le silence devant les injustices.

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