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« Palestine trahie » au FNTP : le théâtre en lutte

La pièce Palestine trahie, produite par le Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou, a été présentée avant-hier au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) dans le cadre de la compétition officielle du 18ᵉ Festival national du théâtre professionnel d’Alger (FNTP), qui se poursuit jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2026. Écrite par Kateb Yacine et mise en scène par Ahmed Rezzak, la pièce combine Palestine trahie et Le Cadavre encerclé, dans une dramaturgie signée Lamine Bahri, établissant un parallèle clair entre les luttes des peuples algérien et palestinien.

Le spectacle mêle gravité, humour et ironie pour aborder l’injustice et l’oppression. La mise en scène relie les massacres du 8 mai 1945 en Algérie à ceux commis à Gaza, inscrivant la tragédie palestinienne dans une continuité historique de violences coloniales. L’ouverture, marquée par la voix off de Sid Ahmed Agoumi récitant le monologue de Lakhdar, plonge le spectateur dans une atmosphère incantatoire, où la parole seule pourrait suffire à porter le poids symbolique du propos.

Palestine trahie raconte l’histoire d’un homme dépossédé de sa terre et d’un peuple en lutte, mêlant trahisons et sacrifices. Mohamed Zeitoun, jeune Palestinien broyé par l’occupation, se confond progressivement avec Lakhdar, matérialisant la continuité du combat d’une génération à l’autre. Sur scène, une trentaine d’artistes, comédiens et danseurs, alternent tableaux de douleur et moments d’ironie pour rendre justice à cette lutte universelle.

Le décor mobile, constitué de blocs rectangulaires, symbolise à la fois la mémoire des destructions et l’espoir de reconstruction. La pièce convoque l’univers katébien – Nedjma, Lakhdar, la mère perdant la tête – et allie différents registres linguistiques et théâtraux, offrant un théâtre à la fois populaire, engagé et épique.

Malgré quelques excès scéniques, Palestine trahie reste une œuvre exigeante et profondément politique. Ahmed Rezzak réussit à donner corps au texte de Kateb Yacine, faisant de la parole, de la mémoire et de la lutte un théâtre vivant, intemporel et universel.

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