Des réseaux criminels liés au Maroc alimentent les trafiquants de drogue et d’armes dans le sud de l’Espagne
L’inquiétude grandit au sein des milieux sécuritaires européens face au rôle croissant de réseaux criminels liés au Maroc dans l’alimentation du trafic de drogue et d’armes dans le sud de l’Espagne.
L’activité de ces réseaux ne se limite plus au trafic de résine de cannabis vers la rive nord du détroit de Gibraltar. Selon des enquêtes sécuritaires, des groupes liés au Maroc seraient également impliqués dans le transport et la distribution d’armes de guerre destinées aux trafiquants de drogue, contribuant ainsi à la militarisation du crime organisé et à l’augmentation de la menace sécuritaire dans certaines régions d’Andalousie et sur les côtes méditerranéennes.
D’après le journal espagnol El Español, des réseaux criminels liés au Maroc et au sud de la France jouent désormais un rôle central dans l’approvisionnement des trafiquants de drogue en armes en Espagne. Ces réseaux auraient mis en place des circuits de contrebande organisés permettant l’acheminement de milliers de fusils d’assaut et d’armes de gros calibre vers le sud de l’Espagne.
Des sources des services de sécurité espagnols, citées par plusieurs rapports médiatiques consultés par l’Agence de presse algérienne (APS), indiquent que ces organisations s’appuient sur des connexions étendues en Turquie et dans certains pays d’Europe de l’Est, ce qui leur permet de se procurer des armes provenant de zones de conflit avant de les introduire sur le marché noir européen.
Ces réseaux auraient également étendu leurs activités au sein des filières de contrebande opérant dans les zones de Campo de Gibraltar, sur la Costa del Sol et à l’embouchure du fleuve Guadalquivir, considérées comme des points d’entrée majeurs de la drogue vers l’Europe.
Dans ce contexte, les mêmes sources affirment que ces réseaux fournissent de plus en plus de fusils d’assaut aux gangs locaux, ce qui rend la présence d’armes de guerre quasi permanente dans les opérations liées au trafic de stupéfiants, notamment celles impliquant des drogues introduites depuis le Maroc.
Les informations disponibles indiquent également que le transport des armes s’effectue souvent par voie terrestre depuis la France, dissimulées dans des véhicules modifiés comportant des compartiments secrets, appelés par les enquêteurs « voitures chauffées ».
Une récente opération de sécurité a révélé l’utilisation de ce type de véhicules pour transporter des armes de la France vers l’Espagne, dans ce qui a été décrit comme l’une des plus importantes saisies réalisées à Madrid.
Dans une autre opération menée par les unités antidrogue à Marbella, la police a découvert une importante cache souterraine de drogue, appelée « narcozulo », contenant 30 paquets de cocaïne d’un poids total de 1 056 kg. Les forces de l’ordre y ont également saisi un important arsenal d’armes, comprenant des fusils d’assaut AK-47, des AR-15, des mitraillettes UZI, ainsi que trois pistolets et du matériel de communication et de brouillage sophistiqué.
L’opération a conduit à l’arrestation de quatre individus, dont trois de nationalité marocaine, ainsi qu’à la saisie de trois véhicules de luxe, dont deux volés.
Les investigations indiquent que ces armes étaient destinées à sécuriser les opérations de trafic de drogue en provenance du Maroc ou à protéger les caches où les cargaisons sont stockées avant leur distribution.
Cette affaire a également conduit à d’autres enquêtes dans la région d’Algésiras, où la police a saisi 25 armes à feu supplémentaires, dont 19 fusils d’assaut et 6 pistolets, dissimulés dans un véhicule abandonné temporairement par son conducteur avant son retour pour récupérer la cargaison.
Des experts en sécurité estiment que la prolifération de ces armes est liée au rôle du Maroc devenu un maillon important dans le transfert d’armes vers l’Espagne, ce qui renforce les craintes de voir la région se transformer en plateforme logistique combinant trafic de drogue et commerce d’armes.
Des sources de la Guardia Civil espagnole indiquent par ailleurs que les gangs n’hésitent plus à utiliser des armes de guerre lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, alors que leur apparition restait auparavant rare.
En moins de six mois seulement, les unités spécialisées ont saisi plus de cinquante fusils d’assaut, tandis que plusieurs échanges de tirs ont été enregistrés, causant des blessures parmi les forces de sécurité.
Selon plusieurs rapports consultés par l’APS, ces évolutions accentuent les préoccupations des services de sécurité européens quant au rôle des réseaux liés au Maroc dans l’alimentation de ce marché criminel, les routes traditionnelles de trafic de drogue devenant des couloirs à double sens permettant également l’acheminement d’armes de guerre vers l’Europe, ce qui renforce la puissance des organisations criminelles et accroît la menace sécuritaire dans le sud du continent.
