Arrivée de Keir Starmer à Pékin : « Les opportunités économiques de la Chine ne peuvent être ignorées »
PAR : Darine .N
Le Premier ministre britannique Keir Starmer est arrivé à Pékin mercredi dans le cadre d’une visite officielle visant à renforcer les relations politiques et commerciales entre le Royaume-Uni et la Chine. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de rapprochement progressif après plusieurs années de relations marquées par la prudence et les tensions.
Sur le plan historique, la Cité interdite a accueilli de nombreuses figures britanniques, notamment la reine Elizabeth II, le prince William, prince de Galles, ainsi que d’éminents responsables politiques tels que les anciennes Premières ministres Margaret Thatcher et Theresa May, soulignant la dimension symbolique de ces lieux dans la diplomatie bilatérale.
Selon Wang Yiwei, directeur de l’Institut des affaires internationales à l’Université Renmin de Chine, la visite de Starmer reflète une stratégie fondée sur le principe de « la culture d’abord, puis les affaires ». Dans une déclaration à Asharq, il a expliqué que le choix du Musée du Palais à Pékin et du jardin Yuyuan à Shanghai comme étapes clés visait à renforcer le sentiment de proximité culturelle et à préparer un terrain favorable aux discussions économiques et commerciales.
Briser l’impasse
Lors de la dernière journée de sa visite, Keir Starmer s’est promené le long du Bund à Shanghai et a visité le jardin Yuyuan, l’un des sites touristiques les plus emblématiques de la ville. Huit ans plus tôt, l’ancienne Première ministre Theresa May avait effectué un parcours similaire. À Shanghai, Starmer a également participé à un événement culturel avec des étudiants en arts du spectacle, en présence de l’actrice hollywoodienne Rosamund Pike, connue en Chine sous le nom de Pei Chunhua.
À l’occasion de la cérémonie de clôture du Conseil d’affaires sino-britannique 2026, le Premier ministre chinois a appelé Pékin et Londres à continuer de consolider « l’esprit de dépassement des blocages » et à renforcer leur coopération. De son côté, Keir Starmer a affirmé que sa visite visait à acquérir une compréhension globale de la Chine, à explorer de nouvelles opportunités de coopération et à générer des bénéfices concrets pour le peuple britannique.
« Le président Xi raconte l’histoire de deux aveugles à qui l’on présente un éléphant : l’un, touchant la patte, pense qu’il s’agit d’un pilier, tandis que l’autre, touchant le ventre, croit à un mur. Cette parabole reflète souvent la manière dont la Chine est perçue », a déclaré Starmer, ajoutant : « Je crois qu’un engagement plus large et plus profond constitue la manière britannique de voir l’ensemble du tableau et de bâtir une relation plus mûre ».
Le Premier ministre britannique a conduit une délégation de plus de 60 représentants des secteurs économique et culturel. Au cours de la visite, la Chine et le Royaume-Uni ont signé quatre accords de coopération économique et commerciale, axés sur les mécanismes bilatéraux ainsi que sur le commerce des biens et des services.
Parmi les accords majeurs figure un mémorandum d’entente intitulé “Un grand marché pour tous – exporter vers la Chine”, faisant du Royaume-Uni le premier pays à adhérer à cette initiative. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 103,7 milliards de dollars en 2025.
Un autre mémorandum a été signé afin de renforcer le rôle de la Commission économique et commerciale conjointe sino-britannique, en tant que plateforme de dialogue politique et de promotion de l’investissement, alors que le volume des investissements croisés s’élève à environ 68 milliards de dollars.
Malgré les défis sécuritaires, Londres intensifie son offensive diplomatique
Dans ce contexte, la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, prévoit une visite en Chine, dans le but de renforcer davantage les relations économiques et diplomatiques, à la suite des déplacements successifs du Premier ministre.
Par ailleurs, Pascal Soriot, directeur général du groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca, a déclaré à Asharq que l’entreprise coopère étroitement avec l’écosystème chinois de l’innovation, profitant de l’ouverture de Pékin aux investissements étrangers dans les secteurs de la médecine, de la santé et des sciences de la vie. Le groupe a annoncé un plan d’investissement de 15 milliards de dollars d’ici 2030 pour élargir ses capacités de production pharmaceutique et ses activités de recherche et développement en Chine.
Les deux parties sont également convenues de mettre en place un mécanisme d’identification des biens et services britanniques de haute qualité adaptés au marché chinois, d’améliorer l’échange d’informations, d’organiser des activités de promotion et de faciliter davantage les échanges commerciaux.
Enfin, Pékin et Londres lanceront une étude de faisabilité conjointe en vue d’un accord bilatéral dans le domaine des services, et examineront la possibilité d’un partenariat spécifique dans ce secteur, alors que le commerce des services entre les deux pays a dépassé 30 milliards de dollars en 2025.
