Conseil de sécurité : après le départ de l’Algérie, la Palestine sans défense
New York – La fin du mandat de l’Algérie comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, en décembre 2025, a marqué un tournant dramatique pour la cause palestinienne. Avec son départ, s’est éteint le dernier voix arabe indépendante et combative, laissant place à un silence pesant face aux violences persistantes à Gaza.
Deux années de bataille diplomatique
Durant 2024 et 2025, Alger avait transformé son siège en véritable tribune militante. Elle a présenté des dizaines de projets de résolution pour imposer un cessez-le-feu, affronté à plusieurs reprises le veto américain, et convoqué des sessions d’urgence sur les bombardements d’hôpitaux, la famine organisée ou le sort de l’UNRWA. Le représentant algérien, Amar Ben Djamaa, s’était imposé comme l’un des diplomates les plus courageux du Conseil.
Janvier 2026 : le vide et le silence
Dès janvier 2026, le Conseil a perdu son dynamisme. Les réunions sur le “Moyen-Orient” sont devenues routinières, sans décisions fortes ni pressions réelles sur Israël. Le débat s’est déplacé de la défense des droits palestiniens vers une simple gestion humanitaire de crise, réduisant Gaza à un dossier d’aide et de reconstruction.
Le poids du plan Trump
Un mois avant la fin du mandat algérien, le Conseil avait adopté la résolution américaine 2803, instaurant une “tutelle internationale” sur Gaza sous l’égide d’un “Conseil de paix” présidé par Donald Trump. Derrière le vocabulaire de “stabilisation” et “reconstruction”, ce dispositif vise à désarmer la résistance palestinienne et à séparer Gaza du reste des territoires occupés. Les mouvements palestiniens, dont le Hamas et le Jihad islamique, ont dénoncé une “fausse neutralité” et une tutelle favorable à l’occupation.
Une cause orpheline
Avec le départ de l’Algérie, aucun pays arabe ne porte désormais une voix forte et indépendante au Conseil. Les nouveaux membres, comme Bahreïn ou la Somalie, n’ont ni l’expérience ni la combativité diplomatique d’Alger. Résultat : la Palestine est réduite à un point de l’ordre du jour, discuté sans impact réel.
L’impasse actuelle
Depuis le cessez-le-feu fragile de janvier 2025, plus de 500 Palestiniens ont été tués, les bombardements se poursuivent, et le blocus s’aggrave. Pourtant, le Conseil n’a adopté aucune nouvelle résolution ni sanction. Les institutions internationales se contentent d’exprimer leur “inquiétude”, sans action concrète.
Conclusion : Le départ de l’Algérie a révélé une vérité brutale : la Palestine est désormais sans protecteur au Conseil de sécurité. La voix algérienne avait incarné la résistance diplomatique, mais seule, elle ne pouvait changer un système dominé par les grandes puissances. L’avenir de la cause palestinienne dépend désormais d’une mobilisation collective des pays arabes et musulmans, hors des enceintes onusiennes, pour imposer une nouvelle équation politique.
