« Je ne peux pas légitimer un travail biaisé » : Ségolène Royal s’oppose à France 2
Hanani.Youcef
Dans un entretien accordé à la télévision algérienne, Ségolène Royal, présidente de l’Association France–Algérie, a expliqué les raisons de son refus de participer au reportage controversé diffusé par la chaîne France 2, qu’elle a jugé offensant envers l’Algérie et politiquement orienté.
Elle a précisé qu’elle devait initialement intervenir dans la séquence des « chaises rouges » à la fin du reportage. Toutefois, compte tenu de la grande sensibilité du sujet, elle a exigé de visionner le documentaire avant sa diffusion.
Après l’avoir regardé, Ségolène Royal a déclaré sans ambiguïté qu’elle ne pouvait ni y participer ni accorder la moindre légitimité à un travail portant atteinte à l’image de l’Algérie. Elle a également refusé de contribuer à l’augmentation de l’audience d’un contenu qu’elle estime orienté, soulignant que son nom constitue un facteur d’attractivité pour le public.
Elle a indiqué avoir fait connaître sa position par écrit, qualifiant le contenu du reportage de totalement inacceptable.
Ségolène Royal a aussi invité à une comparaison : « Imaginez que la télévision publique algérienne réalise un reportage similaire sur Emmanuel Macron. Quelle serait la réaction de la France ? Comment peut-on concevoir un travail médiatique dépourvu de toute rigueur professionnelle ? »
Elle a rappelé que la préparation du reportage avait débuté à l’époque où Bruno Retailleau était ministre de l’Intérieur, estimant que son caractère orienté n’était donc pas surprenant.
Selon elle, le véritable objectif du reportage est de remettre en cause la légitimité des élus binationaux, en s’appuyant sur des témoignages anonymes. Elle a insisté sur le fait qu’aucune preuve concrète n’a été avancée et a rappelé que les consulats, partout dans le monde, entretiennent naturellement des relations avec leurs ressortissants, ce qui ne constitue en aucun cas une ingérence.
Enfin, Ségolène Royal a dénoncé une stratégie visant à semer le doute et à polluer le débat public autour des élus binationaux, notant que la diffusion du reportage à seulement deux mois des élections municipales ne relève pas du hasard.
