Le besoin d’une « incubatrice » pour l’écrivain algérien
De la même manière que l’on crée des incubateurs d’entreprises pour accompagner les porteurs d’idées innovantes jusqu’à la concrétisation de leurs projets, lesquels deviennent ensuite des institutions économiques génératrices de capital au bénéfice de l’État, il est urgent de penser à des incubateurs dédiés aux projets culturels et littéraires. Les écrivains et créateurs sérieux ont besoin d’un soutien qui leur permette de donner vie à leurs œuvres, de les publier et de les diffuser.
Une telle structure constituerait une véritable incubatrice pour les écrivains, car ils représentent une richesse immatérielle inestimable pour la nation. À travers leurs mots lumineux, ils expriment les émotions et les préoccupations de la société, dessinent les contours de son avenir et portent haut son patrimoine et son identité dans les capitales du monde.
Ne méritent-ils pas une main bienveillante qui veille à leurs droits matériels et moraux ? Il est douloureux de voir un écrivain talentueux ou un poète brillant sombrer dans la pauvreté et l’endettement. Comment un créateur accablé par la misère pourrait-il continuer à écrire et à innover ? Les obstacles dressés devant lui étouffent son inspiration, alors que dans de nombreux pays, des conditions favorables sont offertes aux créateurs pour libérer leur potentiel.
L’exemple de l’Arabie saoudite est révélateur : selon les médias, le pays a lancé une « Incubatrice des écrivains » pour soutenir les auteurs saoudiens, les aider à publier leurs ouvrages, encourager la production culturelle et développer le contenu national dans six genres littéraires. Cette initiative vise à promouvoir les œuvres et à garantir leur diffusion auprès d’un large public, reflétant ainsi la richesse et la vitalité de l’expérience culturelle saoudienne.
À l’image de cette démarche, l’Algérie a un besoin pressant d’une telle incubatrice pour ses écrivains. Elle devrait définir les moyens matériels et immatériels nécessaires à l’accomplissement de leurs objectifs culturels. Car le froid du dénuement, de la marginalisation et de l’errance a figé leur créativité. Nous avons besoin d’un foyer et d’une structure d’accueil, besoin de ressentir la chaleur de notre patrie, car nous n’avons pas d’autre terre que la nôtre.
