Crise des transporteurs en Algérie : Les propositions de l’UGTA pour une sortie de crise durable
L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a formulé une série de propositions concrètes visant à mettre fin à la crise actuelle des transporteurs et à prévenir toute forme de mouvements protestataires à l’avenir.
Ces suggestions ont été élaborées à l’issue d’une série de rencontres et de consultations avec les représentants du secteur. Elles ont ensuite été transmises aux ministères concernés. L’accent est mis sur la nécessité d’organiser les professionnels du transport au sein des chambres de commerce, afin de leur conférer une identité professionnelle et économique claire, et de les habiliter légalement à négocier leurs revendications et à exprimer leurs préoccupations de manière structurée.
Déclarations du secrétaire général de l’UGTA
Lors d’un entretien accordé ce mercredi 7 janvier 2026 au journal El Khabar, au siège de l’UGTA « Abdelhak Benhamouda » à Alger, le secrétaire général, Amar Takdjout, a révélé les détails d’une récente réunion de travail avec les représentants de la fédération des transporteurs affiliée à l’UGTA. Cette rencontre a permis d’aborder l’ensemble des préoccupations et revendications soulevées par les professionnels du secteur.
M. Takdjout a expliqué que les formes de protestation observées actuellement révèlent moins un mouvement social organisé qu’un manque de représentation syndicale structurée. La plupart des grévistes ne sont pas affiliés à une organisation syndicale reconnue, et la syndicat des transporteurs agréé n’a pas appelé à une quelconque action de grève. Bien que les revendications soient légitimes, le recours à la paralysie d’un secteur vital n’est pas justifié, car il n’a pas respecté les procédures légales en vigueur.
Les propositions clés soumises aux autorités
Sur cette base, la direction de l’UGTA a transmis des propositions aux ministères impliqués (Intérieur, Collectivités locales, Transport et Commerce), appelant à :
• L’organisation de tous les transporteurs au sein de représentations syndicales officielles.
• Leur inscription obligatoire aux chambres de commerce, pour leur permettre de négocier leurs demandes de façon organisée.
Les transporteurs en grève ont, lors des discussions, évoqué plusieurs préoccupations majeures : disponibilité des pièces de rechange, fiscalité, déclaration auprès des services de sécurité sociale, entre autres – des points également défendus par le syndicat affilié à l’UGTA.
Vers une structuration du secteur
M. Takdjout a insisté sur l’obligation pour les transporteurs, exerçant une activité commerciale libre, de s’inscrire aux chambres de commerce. Cela permettrait de disposer d’une base de données statistiques annuelle fiable sur les besoins du marché (notamment en pièces détachées), d’orienter les investissements en fonction des priorités réelles, de renforcer la planification des approvisionnements et de faciliter le traitement des plaintes.
Pour lui, la seule solution durable pour éviter de futures crises est de sensibiliser les transporteurs à l’importance d’adhérer à des syndicats organisés. Cela leur offrirait un cadre officiel pour négocier avec les autorités, protéger leurs droits tout en préservant l’intérêt général.
Proposition d’un « système professionnel »
Amar Takdjout a également suggéré la mise en place d’un système professionnel dédié aux transporteurs, leur accordant une identité professionnelle et économique reconnue, ainsi qu’une légitimité légale pour dialoguer via le registre de commerce et les chambres de commerce, au sein d’organisations syndicales officielles structurées.
Par ailleurs, lors de cette rencontre, le secrétaire général a mentionné les travaux d’une commission interne à l’UGTA chargée d’enrichir les dispositions de la loi n°23-02 relative à l’exercice du droit syndical. Un rapport contenant une centaine de propositions sera bientôt soumis au ministère du Travail après finalisation et validation.
Ces initiatives de l’UGTA s’inscrivent dans un contexte de tensions sociales liées à la hausse des prix des carburants et aux réformes du code de la route, alors que les autorités multiplient les concertations pour apaiser la crise.
