Les avancées et défis des énergies renouvelables dans la Loi de Finances 2026
Le Cluster algérien des énergies vertes appelle les autorités publiques à accélérer la publication des textes réglementaires et d’application de la Loi de Finances 2026. Il avertit que leur absence risque de vider de leur substance les mesures fiscales et douanières favorisant la transition énergétique.
Dans un document analytique daté du 4 janvier 2026 et signé par son président, l’expert Boukhalfa Yaïci, le Cluster identifie des signaux positifs dans la nouvelle loi, tout en soulignant que son efficacité dépend de la rapidité et de la qualité de sa mise en œuvre.
Le Cluster insiste sur plusieurs priorités : faciliter le recouvrement des soldes accumulés de TVA pour les opérateurs locaux, établir un mécanisme clair pour délivrer les certificats permettant de bénéficier du droit de douane réduit sur les intrants de fabrication des panneaux solaires, et lancer une plateforme opérationnelle pour activer la déduction de 5 % dédiée aux investissements dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert.
Il appelle également à une coordination renforcée entre les parties prenantes et à l’annonce d’un calendrier précis pour garantir un démarrage rapide et effectif de la transition énergétique en Algérie.
Les principaux gains fiscaux et douaniers
La Loi de Finances 2026 soutient la transition énergétique principalement via des outils fiscaux :
• Déduction des dépenses d’investissement dans les projets d’hydrogène vert, d’énergies renouvelables, de boisement et de reboisement, dans la limite de 5 % du bénéfice imposable (en attente des textes réglementaires).• Réduction des droits de douane à 15 % (contre 30 % auparavant) sur les chauffe-eau solaires domestiques.
• Exonération totale des équipements d’électrolyse pour la production d’hydrogène.
• Droit de douane réduit à 5 % sur les intrants de fabrication des panneaux solaires photovoltaïques, sous réserve d’un certificat délivré par le ministère de l’Énergie.
Ces mesures visent à protéger et encourager l’industrie locale des renouvelables.
Autres mesures favorables
• Exonération de la taxe annuelle sur les véhicules pour les voitures au gaz naturel comprimé, électriques et hybrides, afin de promouvoir des modes de transport moins énergivores.• Renforcement du cadre fiscal pour les projets EPC réalisés par des entreprises étrangères non résidentes.
• Correction rétroactive des déséquilibres TVA affectant les opérateurs locaux travaillant pour Sonelgaz (exonération prolongée jusqu’à fin 2026).
• Obligation pour les grandes entreprises (CA > 2 milliards DZD) de consacrer au moins 1 % de leurs bénéfices à la R&D ou à l’innovation, sous peine de taxe compensatoire.
Le Cluster des énergies vertes estime que ces dispositions, bien qu’importantes, ne produiront leur plein effet qu’avec la publication rapide des textes d’application et la mise en place de mécanismes transparents. Cela permettra de transformer le cadre législatif en outils concrets pour accélérer la transition énergétique et développer une industrie durable en Algérie.
