Élevage et viandes : Tebboune dénonce le « paradoxe algérien »
Lors de son discours annuel devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, mardi 30 décembre, le président Abdelmadjid Tebboune a mis en lumière ce qu’il a qualifié de « paradoxe » dans le secteur de l’élevage en Algérie.
« Il y a quelque chose d’incompréhensible dans l’agriculture algérienne », a-t-il déclaré. Alors que la plupart des filières couvrent tout ou partie des besoins nationaux, celle de l’élevage reste en retard malgré les incitations et avantages accordés.
« Malgré tous les succès, nous avons échoué dans la production de viandes blanches ou rouges et nous avons recours à l’importation », a regretté le président, soulignant que l’Algérie dispose de vastes terres, d’exonérations fiscales et d’une protection particulière, mais doit néanmoins importer des ovins pour l’Aïd depuis des pays de moindre superficie.
Tebboune a reconnu l’existence de difficultés objectives, mais a également pointé des « pratiques inacceptables » de certains éleveurs et intermédiaires, citant notamment la spéculation.
Il a illustré son propos par l’exemple de l’Aïd El Adha précédent : les prix des moutons avaient atteint 18 à 20 millions de centimes. Après la décision gouvernementale d’importer un million de têtes (notamment de Roumanie et d’Espagne), les prix ont chuté de dix millions de centimes.
« Ce n’est pas de la spéculation ça ? », a interrogé le président, appelant les acteurs concernés à « contrôler leurs envies » et à penser aux citoyens modestes, tout en précisant qu’il est légitime de réaliser des bénéfices.
« L’Algérie dispose des moyens pour importer, mais il aurait été préférable de ne pas importer de viande du Brésil ou d’ailleurs », a-t-il ajouté.
Qualifiant son intervention d’« appel » lancé via les parlementaires, Tebboune a anticipé que ses propos, qui « ne plairont pas à tout le monde », susciteront des critiques.
