Nouveau code de la route en Algérie : des amendes alourdies jusqu’à 12 000 DA pour les infractions courantes dès 2026
Le gouvernement algérien s’apprête à durcir sensiblement les sanctions routières. Le nouveau projet de loi portant code de la route, en cours d’adoption à l’Assemblée populaire nationale (APN), prévoit un renforcement marqué des amendes pour les infractions les plus fréquentes, avec des montants pouvant atteindre 12 000 DA. L’objectif affiché : instaurer une « sécurité durable » en combinant prévention et répression plus efficace.
Présentant le texte devant les députés, le ministre de l’Intérieur, M. Saïd Sayoud, a insisté sur la nécessité d’équilibrer prévention et sanction. « L’idée est simple : prévenir grâce à des contrôles médicaux renforcés pour les conducteurs, et réprimer plus fermement lorsque nécessaire », a-t-il déclaré. Le déploiement massif de radars intelligents et de systèmes de constatation automatique des infractions doit devenir le « nouveau juge de paix » sur les routes algériennes.
Les 10 infractions qui verront leurs amendes grimper fortement
Au cœur de cette réforme, un barème revu à la hausse cible particulièrement les comportements à risque les plus répandus :
1. Vitres sales ou encombrées : tout défaut de visibilité lié à l’état des vitres est sanctionné de 3 000 DA.
2. Plaque d’immatriculation illisible ou non conforme : 5 000 DA.
3. Refus de priorité aux piétons sur un passage protégé : 5 000 DA.
4. Excès de vitesse (petits dépassements captés par radar) : 5 000 DA.
5. Non-port de la ceinture de sécurité : 8 000 DA.
6. Défaut de casque pour les conducteurs et passagers de deux-roues : 8 000 DA.
7. Usage du téléphone ou d’un écran en conduisant : 12 000 DA.
8. Oubli du clignotant (changement de direction ou de voie sans signalement) : 12 000 DA.
9. Défaut de contrôle technique valide : 12 000 DA.
10. Transport d’un enfant de moins de 8 ans sur une moto ou un scooter : 12 000 DA.
Vers une prise de conscience collective
Au-delà de la dimension répressive, le ministre a rappelé que l’ambition est de faire évoluer les mentalités vers une société « animée par l’engagement plutôt que par la contrainte ». Le texte prévoit notamment des mesures incitatives, comme la création d’un futur « prix de la sécurité routière » décerné par le président de la République, afin d’encourager les bons comportements.
La responsabilité reste toutefois partagée : conducteurs comme centres de contrôle technique devront répondre de leurs actes devant la loi. Ce durcissement des sanctions, qui entrera en vigueur en 2026, vise avant tout à faire baisser durablement le nombre d’accidents sur les routes algériennes.
