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Algérie 2025 : Une année charnière dans la construction d’un modèle économique diversifié et souverain

L’année 2025 restera gravée dans l’histoire économique de l’Algérie comme une période de transformation profonde. Avec un produit intérieur brut estimé à 288 milliards de dollars selon le FMI, le pays a non seulement consolidé sa croissance, mais amorcé un véritable virage vers un modèle économique moins dépendant des hydrocarbures et plus orienté vers la production et la diversification.

Des accords stratégiques à l’international
Le succès de la quatrième édition du Salon du commerce intra-africain à Alger illustre cette dynamique. Plus de 2 000 exposants venus de 75 pays et quelques 60 000 visiteurs professionnels ont participé à un événement ayant généré 48,3 milliards de dollars de contrats, dépassant largement les prévisions initiales de 44 milliards. Ce salon a confirmé la position de l’Algérie comme hub commercial en Afrique et renforcé la compétitivité des entreprises nationales.

Dans le détail, le secteur agroalimentaire a vu des investissements majeurs comme celui du groupe Labelle avec un partenariat de 200 millions de dollars en Ouganda. L’électronique, l’automobile, les matériaux de construction et les mines ont également enregistré des accords significatifs, totalisant plusieurs milliards de dollars, notamment dans la production et l’exportation de biens transformés vers le continent africain et au-delà.

Énergie et hydrocarbures : sécuriser l’avenir
Parallèlement, l’Algérie a poursuivi sa stratégie de diversification énergétique et d’optimisation de ses ressources. Parmi les initiatives clés :

  • Sont tracées des alliances stratégiques avec des géants internationaux comme Eni (Italie), Sinopac (Chine) et Chevron (USA) pour l’exploration et le développement des champs de pétrole et de gaz, avec des contrats totalisant plusieurs milliards de dollars.
  • La couverture énergétique nationale atteint désormais 99 % pour l’électricité et 72 % pour le gaz, desservant des millions de foyers et plus de 95 000 exploitations agricoles et zones industrielles.
  • Le pays a lancé la première phase de production d’énergies renouvelables de 15 000 MW, accompagné du déploiement de 1 000 bornes de recharge pour véhicules électriques et de programmes pour le développement de l’hydrogène vert.

Agriculture : renforcer la sécurité alimentaire
Le secteur agricole a bénéficié de projets structurants pour atteindre l’autosuffisance :

  • Le projet « Baladna Algérie », en partenariat avec le Qatar, prévoit un investissement de 3,5 milliards de dollars pour produire du lait en poudre sur 117 000 hectares.
  • Le projet B.F, avec l’Italie, développe 36 000 hectares de cultures céréalières pour réduire les importations.
  • Une capacité de stockage de 9 millions de tonnes de grains sera mise en place via 30 silos stratégiques et 350 centres de collecte, tandis que des plateformes numériques et des crédits sans intérêt accompagnent les agriculteurs.

Industrie et souveraineté sanitaire
Le secteur industriel a connu des avancées majeures :

  • L’industrie automobile a franchi un nouveau cap avec la production de la « Grande Panda » en CKD avec un taux d’intégration locale de 20 % et la commercialisation de véhicules GPL via le partenariat avec la société Gazal.
  • Dans le domaine pharmaceutique, l’Algérie couvre désormais 80 % de ses besoins nationaux, développe ses exportations vers l’Afrique et le Moyen-Orient, et renforce sa souveraineté sanitaire grâce à plus de 200 unités de production, dont 10 spécialisées dans les médicaments anticancéreux.

Mines et infrastructures : vers l’autonomie industrielle
La mise en exploitation de la mine de Gara Djebilet, avec ses 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer, symbolise l’ambition industrielle du pays. La première unité de transformation à Tindouf sera opérationnelle début 2026, suivie d’installations supplémentaires à Béchar et Naâma. La future ligne ferroviaire reliant la mine aux zones industrielles garantira une logistique efficace et permettra de produire jusqu’à 10 millions de tonnes de minerai par an, transformant l’Algérie en exportateur net de fer.

Finances et mesures sociales : soutien à la population
Pour accompagner cette dynamique, la loi de finances 2026 prévoit un budget record de 16 795 milliards de dinars (126 milliards de dollars), avec des mesures sociales importantes :

  • Revalorisation du salaire minimum de 20 % (de 20 000 à 24 000 dinars).
  • Augmentation de l’allocation chômage de 15 000 à 18 000 dinars.
  • Revalorisation des pensions de retraite entre 5 % et 10 % selon le niveau des prestations.

Un tournant vers un modèle économique souverain et résilient
L’année 2025 constitue donc un tournant stratégique pour l’Algérie, marquée par l’intégration de la production locale, la diversification des exportations, la sécurisation énergétique et alimentaire, et la consolidation des politiques sociales. Ces avancées structurantes positionnent le pays sur une trajectoire durable de croissance et de leadership régional, tout en réduisant progressivement sa dépendance aux hydrocarbures.

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