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Commissaires aux comptes : piliers de la crédibilité financière de l’Algérie

La 10ᵉ Conférence nationale des Commissaires aux comptes, ouverte hier à Alger, a mis en lumière le rôle stratégique de cette profession dans l’objectif national de sortie de l’Algérie de la liste grise du Groupe d’action financière (Gafi).

Longtemps perçus comme de simples vérificateurs des chiffres, les auditeurs sont désormais considérés comme des sentinelles de l’intégrité financière, garants de la transparence et acteurs essentiels dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Cette évolution est présentée comme un pilier de la crédibilité internationale que le pays souhaite consolider.

Organisée par la Chambre nationale des Commissaires aux comptes (CNCAC), la conférence a souligné que la profession dépasse désormais le cadre traditionnel du contrôle comptable. Les auditeurs sont appelés à évaluer les risques de blanchiment, analyser la logique économique des transactions et signaler toute opération suspecte à la Cellule de renseignement financier (CRF). Cette vigilance s’inscrit dans une approche globale de gouvernance financière, où l’efficacité réelle des pratiques prévaut sur la simple existence de textes réglementaires.

Le président de la CNCAC, Mohamed Yahiaoui, a rappelé que « la confiance internationale ne se décrète pas ; elle se construit par des pratiques rigoureuses, la transparence et le respect strict des normes ». Il a souligné l’importance du « travail de terrain » : formation continue, interprétation unifiée des textes législatifs et standardisation des méthodologies d’audit « proactives » pour renforcer l’efficacité du dispositif national.

Un cadre juridique solide mais à consolider

Selon les intervenants, l’Algérie dispose déjà d’un cadre juridique suffisant pour se conformer aux standards internationaux. Cependant, la sortie de la liste grise dépendra de l’intensification et de la coordination des efforts entre auditeurs, institutions financières et autorités judiciaires. Pour guider cette action collective, la CNCAC a présenté un « Livre blanc » détaillant un plan d’action clair et opérationnel, servant de référence officielle pour le dialogue avec les autorités et partenaires internationaux.

Des enjeux économiques cruciaux

Pour M. Yahiaoui, la crédibilité de la profession comptable dépasse la conformité technique et constitue un levier direct de développement économique. Selon lui, la croissance durable, l’attractivité pour les investisseurs internationaux et la valorisation des ressources stratégiques de l’Algérie reposent sur la fiabilité du système financier et la transparence des institutions.

Le message est sans équivoque : les Commissaires aux comptes sont désormais en première ligne dans la bataille pour la confiance des marchés. Leur efficacité opérationnelle sera un critère déterminant pour la réhabilitation financière et la reconnaissance internationale de l’Algérie.

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