Eco 4Actualités Economie 

Marché automobile : la filière chinoise fait chuter les prix des véhicules neufs

Le marché automobile algérien connaît une activité soutenue ces derniers mois, portée par les mesures publiques visant à réguler l’offre. Ces initiatives ont entraîné une baisse notable des prix des véhicules neufs et d’occasion, particulièrement pour ceux importés par les particuliers. En effet, faute d’importations commerciales de véhicules neufs via les concessionnaires agréés et en attendant l’extension de la production nationale au-delà de l’usine Fiat de Tafraoui, l’offre demeure limitée.

Le gel de l’assemblage en 2019 et l’arrêt des importations de véhicules neufs, suivis d’une reprise timide en 2023, avaient provoqué une flambée des prix, tant pour les véhicules neufs que d’occasion. Ce contexte a relancé les importations par les particuliers, qui jusqu’alors subissaient les cours élevés de l’euro sur le marché parallèle. Mais l’arrivée massive des véhicules chinois a bouleversé le marché, surpassant les filières européennes, particulièrement françaises, ainsi que celles du Moyen-Orient.

Volkswagen, Skoda ou Kia sont désormais importées en quantité depuis la Chine, profitant d’un écart de prix pouvant atteindre 20 à 30 % par rapport aux mêmes modèles importés d’Europe ou de Dubaï. Cette dynamique a été renforcée par la réduction des droits de douane sur certains modèles et par la simplification des procédures de dédouanement et de stockage décidée par les Douanes algériennes, qui vise à réduire les coûts et les délais pour les particuliers.

Des prix en nette baisse

Les effets se sont rapidement faits sentir : certaines voitures ont vu leur prix diminuer de 200.000 à plus de 600.000 DA selon les modèles. Par exemple, une VW Passat essence (1.5 TSI) est passée d’environ 8,5 millions de dinars à moins de 7,8 millions, soit une baisse de près de 700.000 DA. Les VW Tiguan affichent un écart encore plus important, tandis que des modèles comme la T-Roc ou la T-Cross connaissent une réduction légèrement moindre. Côté Kia KX1, Seltos ou véhicules chinois tels que Livan et Geely X3 Pro, la baisse est également notable : cette dernière est passée de 4,1 millions de dinars à 3,65 millions.

Bien que ces prix restent supérieurs à ce qu’ils seraient si les véhicules étaient importés dans le cadre commercial, cette évolution met un frein à la spéculation des revendeurs opportunistes. Ces derniers profitaient de la rareté de l’offre pour vendre des véhicules d’occasion de plus de trois ans à des prix supérieurs à ceux du neuf.

Un marché encore partiellement régulé

Cependant, cette baisse des prix ne résout pas tous les problèmes. Les véhicules importés par les particuliers, qu’ils viennent de Chine, d’Europe ou du Moyen-Orient, sont généralement dépourvus de garanties et de services après-vente. Les pièces de rechange et l’assistance restent limitées, à l’exception notable de Suzuki, dont le concessionnaire aux Émirats arabes unis a mis en place un accord permettant aux acheteurs algériens de bénéficier d’une année de garantie et d’un service après-vente local. Une durée encore loin des trois ans ou 50.000 km imposés par la loi aux concessionnaires agréés.

Le marché automobile algérien, bien que dynamisé par l’importation privée et l’arrivée des véhicules chinois, reste donc fragile et en attente d’une régulation complète, notamment via l’ouverture de nouvelles usines et le renforcement des garanties et services pour les consommateurs.

Articles relatifs

Leave a Comment