ONU : le Groupe arabe met en garde
S’exprimant devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant permanent de l’Algérie, Tewfik Laïd Koudri, a livré, au nom du Groupe arabe, un plaidoyer ferme alertant sur les tentatives systématiques de liquidation de la cause palestinienne, à travers l’affaiblissement des institutions nationales et le contournement des résolutions internationales.
Dès l’ouverture de son intervention, le diplomate a dénoncé les violations persistantes du droit international, citant notamment la résolution 2334, tout en accusant la puissance occupante de poursuivre une politique de colonisation « implacable ». Il a également qualifié les déplacements forcés de population de « processus d’effacement progressif de la mémoire et de l’identité palestiniennes », mettant en lumière la gravité de la situation sur le terrain.
M. Koudri a, en outre, mis en garde contre les discours et mesures visant l’Autorité palestinienne, estimant qu’ils ne constituent pas seulement une pression politique, mais une tentative délibérée de saper les fondements d’un futur État palestinien viable.
Sur le plan religieux, le Groupe arabe a exprimé une condamnation ferme de la fermeture des lieux saints, notamment la mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre, dénonçant une mesure « sans précédent dans l’histoire, même dans ses périodes les plus sombres ». Il a souligné que ces restrictions portent atteinte à la liberté de culte et constituent une provocation majeure pour des millions de croyants à travers le monde.
Évoquant la situation humanitaire, le discours a dressé un tableau sombre : « Si la Cisjordanie subit une érosion silencieuse, Gaza, elle, saigne à ciel ouvert ». Le représentant a insisté sur le fait que les bilans humains ne sont pas de simples chiffres, mais des destins brisés et des familles endeuillées, tout en dénonçant la diminution de l’aide humanitaire et les entraves à la reconstruction.
Réaffirmant la position constante du Groupe arabe, M. Koudri a souligné que la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et la bande de Gaza forment une entité géographique et politique indivisible, et qu’aucune solution durable ne peut être envisagée sans la reconnaissance du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et la création d’un État indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
En conclusion, le représentant algérien a interpellé directement le Conseil de sécurité, qualifiant la question palestinienne de « test permanent pour la conscience du monde », appelant à dépasser le stade des déclarations pour aller vers des mesures concrètes, effectives et juridiquement contraignantes.
