L’Algérie investit 8 milliards de dollars dans le dessalement de l’eau
Hamadache A.K
L’Algérie a consacré près de 8 milliards de dollars d’investissements pour la production et le dessalement de l’eau, dans le cadre du renforcement de la sécurité hydrique nationale, a indiqué Mouloud Hachlaf, assistant du PDG de la Société algérienne de dessalement de l’eau, filiale du groupe Sonatrach.
Intervenant ce dimanche dans l’émission « Invité du matin » sur la Radio nationale algérienne – Chaîne 1, le responsable a précisé que l’État a mobilisé d’importants investissements publics pour soutenir ce secteur stratégique. Le premier programme complémentaire a bénéficié d’un financement d’environ 2,4 milliards de dollars, tandis que plus d’un milliard de dollars a été consacré à la première phase du second programme. En incluant les projets en cours, le montant global des investissements consacrés à la production et au dessalement de l’eau atteint près de 8 milliards de dollars.
Selon lui, cette politique repose sur une stratégie intégrée articulée autour de trois axes principaux. Le premier consiste à réaliser les projets en s’appuyant sur les entreprises nationales ayant démontré leur capacité d’exécution, tout en impliquant la sous-traitance locale. Le second concerne l’exploitation et la maintenance des stations de dessalement, en tirant parti de l’expertise internationale et des technologies de pointe.
Le troisième axe vise à développer une base industrielle nationale dans le domaine du dessalement, grâce à des partenariats internationaux fondés sur le principe « gagnant-gagnant », afin de localiser la fabrication d’équipements stratégiques dominés aujourd’hui par un nombre limité de pays et de grandes entreprises.
M. Hachlaf a également expliqué que les investissements dans le secteur de l’eau reposent sur des estimations précises des besoins du pays. L’agriculture, notamment l’irrigation, consomme environ 70 % des ressources hydriques disponibles, en plus des besoins liés à l’alimentation en eau potable et à l’industrie.
Les autorités prennent également en compte plusieurs indicateurs pour anticiper les besoins futurs, notamment la croissance démographique estimée à près d’un million d’habitants par an, ainsi que l’expansion urbaine et le développement économique, qui entraînent une augmentation de la demande en eau potable.
Dans ce cadre, le président de la République a annoncé lors d’un Conseil des ministres tenu en octobre dernier le lancement d’un second programme complémentaire comprenant la réalisation de six nouvelles stations de dessalement dans plusieurs wilayas de l’est et de l’ouest du pays.
La réalisation de ces projets reposera sur la même stratégie que le premier programme, avec la participation d’entreprises nationales, notamment les filiales de Sonatrach et du groupe Cosider.
M. Hachlaf a par ailleurs annoncé le lancement effectif des travaux préparatoires, incluant l’ouverture des chantiers, l’aménagement des sites et les études d’ingénierie, avec un délai de réalisation estimé à 26 mois après finalisation des études techniques.
Par ailleurs, des solutions innovantes ont été envisagées pour les wilayas du Sud, confrontées à une forte salinité des eaux souterraines. Celles-ci comprennent l’utilisation d’unités mobiles de dessalement installées dans des conteneurs facilement transportables. Leur capacité varie entre 2 500 et 3 000 m³ d’eau par jour, pouvant atteindre 50 000 m³ par jour pour certains projets, et elles fonctionneront en partie grâce aux énergies renouvelables.
