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L’UE critique la décision américaine d’assouplir les sanctions sur le pétrole russe

Kessar Adel

La décision de l’administration américaine dirigée par Donald Trump d’autoriser temporairement l’achat de pétrole russe bloqué en mer a suscité des réactions critiques au sein de l’Union européenne. Plusieurs responsables européens estiment que cette mesure pourrait affaiblir les efforts internationaux visant à limiter les revenus énergétiques de la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine.

L’autorisation a été annoncée par le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent. Elle permet temporairement aux pays importateurs d’acheter du pétrole russe déjà chargé sur des navires et actuellement immobilisé en mer. Cette mesure intervient alors que les États-Unis cherchent à contenir la hausse des prix de l’énergie provoquée par les tensions au Moyen-Orient.

Selon Washington, l’objectif est de limiter l’impact des perturbations sur les marchés énergétiques mondiaux. Les tensions régionales, notamment liées au conflit impliquant l’Iran, ont contribué à une forte augmentation des prix du pétrole, dépassant les 100 dollars le baril au cours de la semaine. Les inquiétudes concernent notamment la sécurité des flux pétroliers transitant par le Détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel circule environ un cinquième du commerce mondial de pétrole.

Du côté européen, plusieurs dirigeants ont exprimé leurs préoccupations. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que l’assouplissement des sanctions contre la Russie, quelles qu’en soient les raisons, risquait d’envoyer un signal politique négatif. Selon lui, le soutien international à l’Ukraine ne devrait pas être affaibli par les tensions géopolitiques dans d’autres régions.

Le président du Conseil européen, António Costa, a également estimé que cette décision pourrait avoir des répercussions sur la sécurité énergétique et stratégique de l’Europe. Il a souligné que toute mesure permettant à la Russie d’augmenter ses revenus issus des exportations de pétrole pourrait entrer en contradiction avec les efforts visant à réduire les capacités financières liées à la poursuite du conflit en Ukraine.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pour sa part appelé à maintenir les sanctions existantes et à poursuivre l’application du mécanisme de plafonnement des prix du pétrole russe.

Le président français Emmanuel Macron a également indiqué que les mesures prises précédemment contre la Russie ne devraient pas être remises en cause dans le contexte actuel.

La dérogation américaine autorise les importateurs à acheter du pétrole russe chargé sur des navires à partir du 12 mars, à condition que ces cargaisons soient déchargées avant le 11 avril. Cette décision fait suite à une mesure similaire accordée à l’Inde à la fin du mois de février.

Pour l’instant, ni cette dérogation ni l’annonce d’une libération exceptionnelle des réserves stratégiques de pétrole par les États-Unis n’ont permis de faire reculer les prix du brut. Les analystes estiment que les tensions persistantes au Moyen-Orient pourraient continuer à perturber les marchés énergétiques internationaux.

Au sein de l’Union européenne, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est démarqué en appelant à un assouplissement des sanctions contre la Russie, une position qui contraste avec celle de la majorité des dirigeants européens.

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