Crise au Moyen-Orient : l’Algérie au cœur de la sécurité énergétique mondiale
Hamadache A.K
Dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, l’Algérie apparaît de plus en plus comme un fournisseur énergétique stratégique pour plusieurs puissances économiques. L’escalade militaire contre l’Iran et les menaces pesant sur le détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, font craindre une crise énergétique majeure. Dans ce climat d’incertitude, plusieurs pays se tournent vers Alger afin de sécuriser leurs approvisionnements en énergie.
En Asie, l’Inde mène actuellement des discussions pour l’importation de gaz de pétrole liquéfié (GPL) algérien. Selon des sources médiatiques indiennes, les autorités de New Delhi cherchent à diversifier leurs fournisseurs afin de faire face à des tensions sur le marché intérieur du GPL, largement utilisé par les ménages et le secteur de la restauration. L’Algérie s’impose dans ce contexte comme un partenaire crédible, notamment grâce à sa position de deuxième fournisseur mondial de GPL avec une production annuelle estimée à 9,4 millions de tonnes, soutenue par la stratégie d’expansion du groupe Sonatrach.
La crise régionale a également des répercussions sur le marché mondial de l’hélium. L’arrêt prolongé de certaines activités de production de GNL au Qatar, lié aux risques sécuritaires, a ralenti l’extraction de ce gaz rare, indispensable à de nombreux secteurs de haute technologie. Dans ce contexte, l’Algérie apparaît comme une alternative majeure pour l’Europe. Le pays dispose en effet d’infrastructures capables de traiter près de 50 millions de mètres cubes d’hélium par an, soit la troisième capacité mondiale, avec des réserves estimées à 8,2 milliards de mètres cubes.
Sur l’autre rive de la Méditerranée, l’Italie renforce également sa coopération énergétique avec Alger. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a récemment tenu une réunion avec les dirigeants des groupes énergétiques Eni et Snam afin d’examiner les possibilités d’augmentation des importations de gaz par gazoduc. L’option privilégiée consiste à maximiser l’utilisation du gazoduc Transmed reliant le champ gazier de Hassi R’Mel à la Sicile.
Déjà deuxième fournisseur de gaz de la péninsule italienne, l’Algérie couvre plus de 32 % des besoins énergétiques du pays, tandis que ce corridor gazier a transporté plus de 20 milliards de mètres cubes de gaz en 2025. Dans un contexte international marqué par l’instabilité et la volatilité des marchés énergétiques, l’Algérie renforce ainsi sa position de partenaire fiable pour l’Europe et l’Asie, en misant sur la stabilité de ses infrastructures, l’ampleur de ses ressources et sa proximité géographique avec le continent européen.
