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De Houari Boumediene à Abdelmadjid Tebboune : le génie de la continuité, de la « bataille de la nationalisation » à la « révolution de la souveraineté » dans le projet de renaissance durable

Le parcours de développement de l’Algérie ne se résume pas à des étapes isolées, mais s’inscrit dans un fil stratégique structurant, reliant les ambitions d’hier aux défis d’aujourd’hui. Au cœur de cette trajectoire émergent deux doctrines économiques qui constituent l’essence du projet national de renaissance : la première incarnée par le président défunt Houari Boumediene à travers la décision historique de nationalisation des hydrocarbures ; la seconde portée aujourd’hui par le président Abdelmadjid Tebboune avec la relance du mégaprojet de Gara Djebilet.

Nous sommes ainsi face à une vision intégrée ayant fait passer l’Algérie de la phase de « récupération de la richesse » à celle de « construction de la puissance ».


I. L’héritage de Boumediene : la nationalisation des hydrocarbures comme acte d’émancipation géopolitique

La décision du 24 février 1971 ne fut pas une simple mesure administrative visant à reprendre le contrôle des puits de pétrole et de gaz ; elle constitua une véritable déclaration d’indépendance économique. À cette époque, Houari Boumediene avait pleinement conscience que la souveraineté politique restait incomplète sans souveraineté économique totale.

Sur le plan géopolitique, cette décision plaça l’Algérie à l’avant-garde du « tiers-monde » émergent, la transformant d’un simple réservoir de matières premières pour les puissances coloniales en un acteur énergétique maître de ses choix stratégiques. La nationalisation permit à l’État algérien de disposer d’un levier financier déterminant, utilisé pour financer la révolution industrielle et sociale des années 1970 et pour édifier une infrastructure nationale capable d’amortir les chocs internationaux.


II. La vision de Tebboune : Gara Djebilet et le pari de la « souveraineté industrielle »

Si Boumediene a assuré la « liquidité financière » de l’État, le président Abdelmadjid Tebboune s’oriente aujourd’hui vers la consolidation de la « base matérielle » de l’économie à travers le projet de Gara Djebilet. Ce projet dépasse la simple extraction du minerai de fer ; il marque une mutation stratégique d’une économie de consommation vers une économie de chaînes de valeur intégrées.

L’importance géopolitique de Gara Djebilet réside dans le repositionnement de l’Algérie comme pôle industriel continental. L’approche actuelle ne se limite plus à l’exportation de matières brutes ; elle vise la construction d’une industrie lourde intégrée (fer, acier, mécanique), garantissant une sécurité industrielle et réduisant la dépendance aux fluctuations des marchés énergétiques mondiaux.

Par ailleurs, le projet comporte des dimensions sécuritaires et géospatiales majeures, notamment à travers le développement des régions frontalières et l’intégration du sud-ouest au reste du territoire national. Il contribue ainsi à transformer le Sahara en un véritable réservoir de production de richesse.


La complémentarité stratégique : de la souveraineté sur la ressource à la souveraineté sur la transformation

La relation entre l’étape de 1971 et celle de Gara Djebilet relève d’une continuité organique dans le projet national. Dans la première phase, l’accent fut mis sur la souveraineté juridique et la maîtrise de la propriété des ressources stratégiques, fournissant les outils financiers et l’expertise technique initiale.

Dans la phase actuelle conduite par le président Tebboune, l’accent est mis sur la souveraineté transformationnelle : la capacité à convertir la matière première en forte valeur ajoutée sur le sol national. Cette évolution marque le passage d’un modèle d’État rentier, tributaire des fluctuations du baril, vers un modèle d’État industriel investissant dans ses ressources solides pour bâtir un tissu économique durable, réalisant ainsi une indépendance structurelle et une position renforcée dans les chaînes d’approvisionnement internationales.


Conclusion prospective : la volonté de rupture et le pari de « l’Algérie émergente »

L’achèvement de « l’arc de la souveraineté », initié par Boumediene et poursuivi par Tebboune, ne relève pas d’une simple coïncidence historique ; il constitue une transition décisive vers le rang des nations émergentes.

Défis et enjeux

Malgré l’ampleur des ambitions, l’Algérie fait face à des défis stratégiques majeurs : l’achèvement du corridor ferroviaire minier (Tindouf–Béchar), l’intégration de technologies modernes de traitement conformes aux normes environnementales internationales, ainsi que la formation d’un capital humain national apte à piloter une industrie lourde complexe.

La volonté politique comme levier de la renaissance

Ce qui distingue la phase actuelle est la volonté politique affirmée du président Tebboune, qui a permis de faire passer Gara Djebilet du statut de projet théorique à celui de réalité concrète. Cette détermination s’est traduite par un suivi rigoureux, la levée des obstacles bureaucratiques et l’élévation de la souveraineté industrielle au rang de priorité nationale.

L’Algérie n’extrait pas seulement du fer ; elle forge progressivement son identité de pôle industriel continental, concrétisant ainsi l’aspiration de la génération de la Révolution : bâtir un État fort, productif et respecté dans la nouvelle configuration du monde.

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