55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures : l’expérience algérienne, un modèle ayant inspiré plusieurs pays et instauré une nouvelle réalité énergétique
Les participants à une conférence scientifique consacrée au 55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, organisée mardi à Alger par l’Institut national d’études de stratégie globale, ont mis en avant la portée internationale de l’expérience algérienne, qui a inspiré plusieurs pays producteurs dans les années 1970 et contribué à redéfinir les rapports de force sur le marché énergétique mondial.
Placée sous le thème « Mobilisation et valorisation des capacités nationales dans le processus de recouvrement de la souveraineté sur les richesses naturelles », la rencontre a permis d’aborder les fondements et les facteurs de réussite de la décision du 24 février 1971, ainsi que les efforts déployés sur le terrain par les ingénieurs algériens pour assurer la continuité de la production.
Le directeur général de l’Institut, Abdelaziz Medjahed, a souligné que la nationalisation des hydrocarbures a couronné un long processus de lutte nationale visant à récupérer la souveraineté sur les ressources naturelles, rappelant les revendications portées dès 1926 par l’Étoile Nord-Africaine contre l’exploitation coloniale des richesses du pays. Il a également évoqué les décisions prises après l’indépendance pour affirmer la souveraineté nationale, notamment la nationalisation des mines en 1966, ainsi que les investissements récents ayant permis le lancement de l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet.
De son côté, Ahmed Adhimi, membre du conseil scientifique de l’Institut, a retracé le contexte historique général de la nationalisation, en lien avec le parcours du mouvement national dans la reconquête des ressources du pays.
L’expert en énergie Mourad Berrour a estimé que la nationalisation en Algérie a constitué « un tournant majeur » dans la lutte des peuples pour la maîtrise de leurs richesses, incitant plusieurs pays producteurs à adopter la même option dans les années 1970. Cette dynamique a conduit à l’émergence de compagnies énergétiques nationales, mettant fin à la domination de sept grandes compagnies qui contrôlaient alors environ 85 % des réserves mondiales.
Le représentant du Conseil national économique, social et environnemental, Amar Aoulmi, a souligné pour sa part que le défi actuel réside dans la transition énergétique, rappelant les importantes potentialités de l’Algérie en matière d’énergies renouvelables ainsi que les projets et partenariats engagés ces dernières années.
La conférence a également donné la parole à des ingénieurs ayant participé à la mise en œuvre de la nationalisation, ainsi qu’à d’anciens officiers du service national, mettant en lumière le rôle de l’Union générale des travailleurs algériens dans la mobilisation des compétences nationales à cette période.
Les débats ont enfin porté sur les politiques de formation, notamment à travers l’Institut algérien du pétrole, considéré comme un levier essentiel pour le développement du secteur des hydrocarbures et la valorisation des ressources énergétiques nationales.
