Journée d’étude à l’École supérieure de la magistrature : vers l’ancrage de l’amazighe dans le système judiciaire algérien
Lotfi Boudjemaa : « La justice linguistique est un choix constitutionnel et un engagement politique »
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a présidé, aux côtés du secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Amazighité, El Hachemi Assad, l’ouverture d’une journée d’étude intitulée : « La langue amazighe dans le système judiciaire national : vers l’ancrage de l’amazighe dans la pratique judiciaire et professionnelle ».
La rencontre s’est tenue samedi 21 février 2026 à l’École supérieure de la magistrature de Koléa, dans la wilaya de Tipaza.
Une coopération institutionnelle stratégique
Dans son allocution, le ministre a souligné que l’organisation de cette journée s’inscrit dans le cadre d’un partenariat stratégique entre le ministère de la Justice et le Haut-Commissariat à l’Amazighité, coïncidant avec la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle.
Il a affirmé que la justice linguistique constitue « un choix constitutionnel et un engagement politique », traduisant la volonté de l’État algérien de promouvoir la langue amazighe et de renforcer sa présence au sein des institutions de la République. Cette orientation vise à consacrer le pluralisme linguistique dans l’espace public, notamment au sein du système judiciaire.
De la reconnaissance juridique à l’application pratique
Les travaux ont porté sur plusieurs axes majeurs, notamment le cadre constitutionnel et juridique de la justice linguistique, ainsi que le rôle central de la traduction judiciaire dans la garantie d’un procès équitable.
Les participants ont également examiné les expériences de terrain et les défis pratiques liés à l’usage de la traduction lors des audiences, soulignant l’importance de mécanismes efficaces permettant d’assurer l’égalité des justiciables devant la loi et de renforcer l’accessibilité des services judiciaires.
Un espace d’échange pour les experts
La journée a réuni un panel d’universitaires, de magistrats, de spécialistes, de traducteurs et de cadres des deux institutions, offrant un cadre professionnel propice à l’échange d’expertises et à la formulation de propositions concrètes pour intégrer davantage l’amazighe dans la pratique judiciaire quotidienne.
Une dimension nationale et stratégique
Au-delà de son caractère académique, cette initiative reflète une volonté politique affirmée de faire de l’amazighe un élément actif du système judiciaire national. Il ne s’agit pas uniquement de reconnaître son statut de langue officielle, mais de la consacrer comme outil de travail garantissant les droits linguistiques des justiciables, consolidant la confiance dans l’institution judiciaire et accompagnant la construction de l’État de droit.
Cette démarche s’inscrit également dans une valorisation de la dimension culturelle et civilisationnelle de l’identité nationale, à travers une approche intégrée associant droit, langue et citoyenneté.
