France : 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, le pays sur le fil du rasoir économique
Dans un article publié par Le Figaro, l’économiste français Nicolas Baverez met en garde contre une détérioration financière et sociale majeure en France, soulignant que le pays commence à ressembler à ce qu’il qualifie de « l’Argentine de l’Europe », en raison de l’accumulation de dettes, du recul de la production et de l’érosion de la classe moyenne.
Selon les statistiques, le revenu par habitant en 2024 s’élève à environ 38 000 euros, soit près de 7 % en dessous de la moyenne européenne pour la troisième année consécutive. Ce chiffre reste nettement inférieur à celui de pays comme le Danemark, la Suède ou l’Allemagne, et légèrement inférieur à celui de l’Italie.
Une pauvreté croissante et une dette record
Le déclin économique a des répercussions directes sur la vie des citoyens : près de 10 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, et plus de 650 000 personnes rejoignent chaque année la catégorie des ménages fragiles.
La dette publique atteint désormais 3,48 trillions d’euros, soit plus de 117 % du PIB, ce qui représente 231 000 euros de dette par habitant, l’équivalent de six années de revenu moyen. L’économiste souligne également l’impact des défis démographiques : pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès dépasse celui des naissances, accentuant les pressions sur le système économique et social.
Une économie dépendante de l’emprunt et en perte de productivité
Baverez décrit la France comme une économie fonctionnant selon un « modèle de croissance par la dette », où la baisse de la production et de l’emploi est compensée par le recours aux crédits et à la dépense publique, au lieu de renforcer la productivité et l’investissement.
Cette stratégie a pour conséquence que la France ne produit plus que 36 % des biens industriels qu’elle consomme, tandis que sa part dans le commerce mondial chute à 2 %. La productivité stagne également : chaque Français travaille en moyenne 664 heures par an, contre 825 heures aux États-Unis, tandis que le classement international de l’éducation, selon l’enquête PISA, se dégrade.
Une budgetisation 2026 préoccupante
Le projet de budget 2026, incluant 44 milliards d’euros de nouvelles taxes, risque d’aggraver la situation et de menacer le restant de la base productive. Le taux de dette publique pourrait atteindre 120 % du PIB, avec un service de la dette dépassant 100 milliards d’euros d’ici 2029.
Risques pour la place économique et perspectives de réforme
Selon Baverez, la France pourrait perdre sa place parmi les dix premières économies mondiales avant la fin de la décennie, en raison des difficultés à suivre le rythme des défis liés à la relocalisation industrielle, la transition numérique et écologique, et le renforcement du secteur de la défense.
Cependant, l’économiste reste prudent et optimiste : ce déclin n’est pas inéluctable. Des politiques orientées vers la production, l’investissement, l’innovation, ainsi que le renforcement de l’éducation et de l’emploi, pourraient remettre la France sur une trajectoire de croissance durable et de stabilité économique.
