Rapport officiel : des chiffres alarmants sur les eaux du Nil
Un rapport officiel révèle que le volume total des précipitations annuelles sur les onze pays du bassin du Nil est estimé à environ 7 000 milliards de mètres cubes, alors que les pluies tombant à l’intérieur des frontières géographiques du bassin ne dépassent pas 1 600 milliards de mètres cubes.
Selon ce rapport, relayé par le journal Al-Masry Al-Youm, l’Éthiopie arrive en tête des pays du bassin en termes de précipitations, avec plus de 936 milliards de mètres cubes par an, ce qui en fait la principale source du débit du Nil et le véritable « château d’eau » de l’Afrique de l’Est. Le plateau éthiopien alimente le Nil Bleu de 50 à 55 milliards de mètres cubes par an, le fleuve Atbara de 12 milliards, et le Sobat de 12 milliards supplémentaires, soit environ 85 % des apports du Nil à Assouan.
À l’inverse, l’Égypte figure parmi les pays les plus arides au monde, avec une pluviométrie annuelle moyenne de seulement 15 à 22 mm, équivalant à 1,3 à 1,8 milliard de mètres cubes d’eau utilisable. Le rapport souligne que l’Égypte et le Soudan, en tant que pays situés en aval, ne reçoivent pas plus de 5 % des précipitations totales du bassin, tandis que 95 % de ces volumes se perdent par évaporation, dans les forêts ou les marécages, notamment dans la région des Sudd au Sud-Soudan.
Entre 2024 et 2025, les pays de la région des Grands Lacs (Ouganda, Kenya, Tanzanie) ont enregistré des pluies supérieures à la moyenne, entraînant une hausse record du niveau du lac Victoria, source du Nil Blanc, qui contribue à environ 15 % du débit du fleuve et se caractérise par un écoulement régulier tout au long de l’année.
En octobre 2025, le Soudan a connu des crues exceptionnelles : le débit du barrage de Merowe a atteint 730 millions de m³ par jour, et celui du barrage de Sennar 688 millions de m³ par jour, provoquant des risques d’inondations dans plusieurs zones riveraines du Nil.
Malgré l’abondance des ressources hydriques dans les pays en amont, l’Égypte ne bénéficie que d’une part fixe de 55,5 milliards de m³ par an, ce qui ramène la disponibilité par habitant à moins de 500 m³ par an, soit bien en dessous du seuil de pauvreté hydrique mondial fixé à 1 000 m³ par habitant.
Face à cette situation, la politique hydraulique égyptienne s’oriente vers une stratégie de gestion de la rareté, à travers la mise en place de grandes stations de traitement des eaux usées agricoles (notamment les stations de Bahr El-Baqar et d’Al-Hammam), le revêtement des canaux pour réduire les pertes par infiltration
