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Perspectives prometteuses pour la culture du maïs jaune à Adrar et Timimoun

La culture du maïs jaune (maïs grain) dans le Sud algérien, particulièrement dans les wilayas d’Adrar et de Timimoun, représente un choix stratégique majeur visant à atteindre l’autosuffisance nationale, à réduire la facture d’importation qui pèse lourdement sur les réserves en devises, et à renforcer la sécurité alimentaire ainsi que la souveraineté économique. Ce projet national vise à diminuer la dépendance aux marchés internationaux, souvent sujets à des fluctuations de prix et à des perturbations d’approvisionnement.

De nombreux agriculteurs se sont lancés dans cette culture, initialement à titre expérimental, avant qu’elle ne se développe à grande échelle dans plusieurs communes des deux wilayas, notamment Aougrout, Tsabit, Zaouiet Kounta, Fenoughil, et Aoulef. Cette expansion a permis d’augmenter significativement la production et de soutenir plusieurs filières connexes.

Soutien à l’élevage et réduction des coûts de production

Le maïs jaune est l’ingrédient principal des aliments pour volailles et bétail. Sa production locale contribue à baisser les coûts de production dans la filière viande et œufs, rendant les prix de la viande blanche et des œufs plus abordables sur les marchés. Elle favorise également le développement de la richesse animale en offrant des alternatives fourragères durables, comme le maïs ensilage (silo), qui aide à l’engraissement du bétail et à l’augmentation de la production laitière. Cet impact s’étend non seulement aux wilayas du Sud, mais aussi à certaines régions steppiques et des Hauts Plateaux, en particulier à l’Ouest.

Pari national sur l’agriculture saharienne et attraction des investissements étrangers

L’Algérie ambitionne de transformer l’agriculture saharienne en un secteur générateur de richesse et contributeur au PIB national. Les vastes étendues du Sud, combinées à d’importantes réserves d’eaux souterraines, offrent un potentiel énorme grâce à des techniques modernes d’irrigation comme le pivot central. Le climat favorable permet des rendements élevés à l’hectare et même deux cycles agricoles par an (maïs en culture d’été après le blé dur).

Ce dynamisme attire des investissements étrangers (turcs et qataris à Adrar, italiens à Timimoun) ainsi que des acteurs nationaux majeurs comme Sonatrach, Cosider et Agrodiv.

Développement durable et création d’emplois pour la jeunesse et les ingénieurs

Au-delà de l’aspect économique, ces projets contribuent au développement durable et à la revitalisation des zones reculées : construction de routes, électrification rurale, amélioration des infrastructures. Ils génèrent des milliers d’emplois directs et indirects pour les jeunes et les ingénieurs agronomes, y compris de l’extérieur de la région. Le renforcement de la formation se poursuit via l’École Supérieure d’Agriculture Saharienne à Adrar et l’Institut Méditerranéen d’Agriculture à Timimoun, ainsi que l’ouverture de filières agricoles dans les centres de formation professionnelle.

Lancement de la campagne de moisson 2025/2026 à Timimoun

La campagne officielle de moisson et de battage du maïs jaune pour la saison agricole 2025/2026 a été lancée récemment à Timimoun, depuis la commune de El Matarfa (périmètre d’Aoufrane, exploitation « Azi Sultan »). L’événement a inclus une présentation technique détaillée, suivie du coup d’envoi symbolique. Une seconde étape a permis de visiter une unité de stockage et séchage.

La wilaya a mobilisé des moyens considérables : 4 400 hectares ensemencés, avec une prévision de production de plus de 220 000 quintaux (rendement moyen attendu de 55 quintaux/ha). Pour cela, 28 moissonneuses-batteuses, 50 camions, 7 unités de stockage et 7 séchoirs ont été déployés. La cérémonie a réuni de hautes autorités locales, sécuritaires et agricoles, soulignant l’importance stratégique accordée à cette filière.

Évolution rapide de la culture du maïs grain à Timimoun

Le programme montre une progression impressionnante :

•  2022/2023 : 14 agriculteurs → 474 ha → 29 616 quintaux (rendement 62,48 q/ha)

•  2023/2024 : 18 agriculteurs → 825 ha → 41 565 quintaux (rendement 50,38 q/ha)

•  2024/2025 : 28 agriculteurs → 2 749 ha → 118 368 quintaux (rendement 43,06 q/ha)

Pour 2025/2026, l’objectif est ambitieux : 60 agriculteurs, 4 187 ha (actuellement 50 agriculteurs engagés), avec un objectif de 250 000 quintaux. Ce développement s’appuie sur des semences améliorées, des intrants (engrais, pesticides), un appui technique renforcé, en vue d’atteindre l’autosuffisance locale.

Prévisions ambitieuses à Adrar : vers 500 000 quintaux

À Adrar, la moisson bat son plein sur 6 000 hectares cette saison, avec une prévision de 500 000 quintaux (soit +150 000 quintaux par rapport à l’année précédente). Le lancement officiel a eu lieu à l’exploitation familiale « Kasdi » (périmètre Hamad Erraya, commune de S’baa, daïra de Tsabit), qui s’étend sur 2 300 hectares avec plus de 32 forages et 45 pivots centraux (production de blé dur et maïs jaune).

Au total, les deux wilayas cumulent environ 11 000 hectares ensemencés cette saison, dans le cadre des efforts nationaux pour réduire les importations et renforcer l’autosuffisance en céréales et maïs jaune. Cette dynamique illustre parfaitement le virage stratégique vers une agriculture saharienne performante, capable de contribuer au PIB, de créer une nouvelle dynamique économique et sociale dans le Sud algérien, et de consolider l’indépendance alimentaire du pays.

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