Réformes progressives et partielles dans le cadre de la refonte du baccalauréat
Les premiers contours des réformes éducatives profondes qui toucheront le secteur de l’Éducation nationale en Algérie mettent en lumière des changements substantiels concernant le système des examens scolaires nationaux. Ces modifications seront mises en œuvre de manière progressive, selon un calendrier précis, à partir de l’année scolaire en cours 2025/2026, et s’étendront jusqu’à la session de 2029.
Parmi les principales modifications figurent la réduction du nombre de jours de l’examen du baccalauréat, l’élimination des matières « non influentes » au profit des disciplines principales du cursus, tout en maintenant la langue arabe, ainsi que la création d’une nouvelle filière « Sport ». L’objectif est d’alléger la pression psychologique et matérielle sur les élèves et les familles, et d’assurer une meilleure harmonisation avec les systèmes éducatifs adoptés à l’échelle internationale.
Réduction du nombre de jours d’examens et ajustement des matières
À cet égard, des sources indiquent que les rapports de la commission d’inspection pédagogique soulignent une nouvelle orientation visant à revoir la structure de l’examen du baccalauréat, qui n’a connu aucune modification notable depuis 2007.
Parmi les changements proposés, la durée de l’examen sera réduite en passant de cinq jours complets à seulement trois jours, à l’image de ce qui est pratiqué dans la plupart des pays du monde.
Maintien de l’arabe et des langues étrangères
Par ailleurs, il a été convenu de se concentrer sur les matières essentielles, en limitant les épreuves pour les élèves de terminale aux disciplines fondamentales de chaque filière, tout en conservant les langues (arabe, française, anglaise) comme matières obligatoires dans toutes les spécialités, sans suppression ni élimination.
Messages de rassurance de la commission d’inspection pédagogique aux parents et élèves
En outre, il a été décidé d’éliminer les matières « non influentes » ou secondaires, en les excluant des épreuves officielles et en se contentant de leur évaluation tout au long de l’année scolaire. Cela s’explique par le fait que ces disciplines ne sont pas nécessaires pour le parcours universitaire futur de l’élève, et qu’elles contribuent plutôt à disperser ses idées et sa concentration, particulièrement pendant la période des examens.
Numérisation de l’orientation et adoption de la « fiche composite »
Dans le cadre de la lutte contre le phénomène d’absentéisme des élèves de terminale et leur abandon précoce des établissements scolaires juste après la fin du deuxième trimestre, les sources indiquent que la commission de réforme envisage d’activer la « fiche composite » comme mécanisme principal de réussite.
Cette fiche permettra ainsi de prendre en compte l’effort et le travail de l’élève tout au long de l’année scolaire, constituant un facteur aidant pour les candidats obtenant des moyennes proches du seuil de réussite (entre 9,50 et 9,99/20).
Un nouveau « système numérique » sera également adopté pour l’orientation des élèves au cycle moyen, basé principalement sur le calcul de la moyenne des matières principales de chaque filière, au lieu du système actuel des troncs communs, afin de garantir une orientation juste, en adéquation avec les capacités et les inclinations de l’apprenant. Cela constitue la base du succès académique et personnel, en aidant l’élève à découvrir son identité, à choisir les parcours d’études et professionnels qui lui conviennent, et à réaliser ainsi un équilibre psychologique et social, tout en prévenant l’échec et le décrochage scolaire.
Calcul de la moyenne annuelle et règle de réussite à 10/20 pour le BEM
Concernant le brevet d’enseignement moyen (BEM), les mêmes sources indiquent que la commission spécialisée a proposé plusieurs alternatives pour renforcer la crédibilité de ce diplôme et alléger la charge des candidats, parmi lesquelles le calcul de la moyenne annuelle (résultats obtenus aux trois trimestres), ajoutée à la moyenne de l’examen, ou le calcul de la moyenne des quatre années du cycle moyen comme critère de passage au secondaire, en insistant sur le fait que la moyenne de réussite à l’examen ne descendra pas en dessous de 10/20.
Nouvelles filières technologiques pour suivre l’évolution de l’époque
En ce qui concerne la modernisation du système éducatif, les mêmes sources affirment que la commission prépare l’introduction de nouvelles filières et matières éducatives en phase avec le marché du travail moderne, incluant notamment l’intelligence artificielle, l’informatique, la nanotechnologie et la cybersécurité, en plus de la création d’une filière « Sport » pour encourager les jeunes talents, en veillant à offrir un environnement équilibré entre études et entraînement, et en travaillant ainsi à développer les compétences physiques et morales des élèves, tout en se concentrant sur les objectifs académiques et sportifs.
Les réformes ne seront pas brutales
En conclusion de son rapport, les sources révèlent que la commission d’inspection pédagogique a adressé des messages de rassurance aux parents et aux élèves, afin de dissiper les craintes et l’anxiété face à l’avenir. Elle a confirmé que ces changements ne seront pas appliqués durant l’année scolaire en cours, mais selon un calendrier précis et étudié avec rigueur, de manière progressive à partir de l’année 2025/2026, sur une période de quatre ans, pour atteindre leur apogée en 2029, afin de garantir la stabilité de l’école algérienne et de protéger avant tout l’intérêt de l’élève.
