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Tunisie : Leïla Jaffel accusée de minimiser la crise carcérale

Tunis, 1er janvier 2026 – Interpellée à l’Assemblée sur la loi de finances 2026, la ministre de la Justice, Leïla Jaffel, a reconnu des difficultés dans les prisons tunisiennes mais estimé que leur ampleur est exagérée par une « campagne » sur les réseaux sociaux visant à ternir l’image du pays.

Une surpopulation alarmante

Rapports indépendants à l’appui, les prisons tunisiennes souffrent d’une dégradation grave : infrastructures vétustes, hygiène défaillante, soins insuffisants et promiscuité extrême. L’espace par détenu tombe souvent sous les 2 m² (contre 4 m² recommandés internationalement). Des établissements comme Mornaguia, Sfax et Manouba affichent des taux d’occupation dépassant 150 %.

Détention provisoire abusive

Le recours massif à la détention provisoire – plus de la moitié des incarcérés en attente de jugement – est pointé comme principale cause de l’engorgement. La ministre défend ces mesures comme légales et nécessaires.

Indépendance judiciaire et silences

Leïla Jaffel rejette les accusations de pressions sur les magistrats et minimise les grèves de la faim ainsi que les décès en détention, malgré les alertes répétées des ONG.

Cette crise révèle un malaise institutionnel profond, marqué par la concentration des pouvoirs et l’absence de débat transparent sur les conditions carcérales. Les associations exigent des réformes urgentes pour restaurer l’État de droit et humaniser la détention.

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