Pénétrantes portuaires : L’Algérie relance les projets stratégiques pour désenclaver ses ports
Après des années de retards et de blocages, les projets de raccordement des ports algériens à l’autoroute Est-ouest entrent dans une phase décisive de relance. L’annonce a été faite jeudi par le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, devant le Conseil de la Nation, soulignant la volonté de fluidifier les flux logistiques et de renforcer le rôle des ports comme hubs régionaux.
Ces pénétrantes routières, conçues pour relier directement les ports au principal axe autoroutier national, doivent réduire la congestion urbaine, accélérer le transport des marchandises et des personnes, et consolider les interfaces maritimes. Le ministre a rappelé les difficultés passées liées au « mauvais démarrage » des projets, notamment les choix initiaux des entreprises de réalisation. Les chantiers des ports de Ténès et de Skikda, confiés à un groupement algéro-portugais, avaient été interrompus respectivement à 52 % et 39 % d’avancement avant la résiliation des contrats en février 2025 pour non-respect des obligations contractuelles et difficultés financières.
Ténès : un projet en deux temps
Le raccordement du port de Ténès, long de 54 km, est divisé en deux tronçons. Le premier, de 22 km entre Bouzeghaia et l’autoroute à Oued Sly, est en cours de relance. Un appel d’offres pour sélectionner un nouvel entrepreneur sera lancé « dans les prochains jours », avec priorité à une première section de 10 km jusqu’à Ouled Farès. Le second tronçon, de 32 km entre le port et Bouzeghaia, est en phase d’étude, avec une réception technique prévue au premier semestre 2026, suivie de l’inscription budgétaire.
Skikda : un chantier stratégique pour l’Est
Le projet de pénétrante du port de Skikda, longue de 31 km, connaît une dynamique similaire. Les réserves techniques sont en cours de levée par la Société algérienne des autoroutes (ADA), maître d’ouvrage mandaté, en vue de l’approbation par la commission sectorielle des marchés publics. Un appel d’offres pour désigner la nouvelle entreprise de réalisation sera lancé prochainement.
Vers une logistique intégrée
Ces projets s’inscrivent dans une vision plus large de modernisation des infrastructures, visant à connecter ports, autoroutes et futur réseau ferroviaire. L’objectif est de réduire les coûts de transport, soutenir le commerce extérieur et stimuler la compétitivité de l’économie nationale. La relance administrative actuelle ouvre la voie à une exécution effective sur le terrain, faisant de 2026 une année potentiellement charnière pour la matérialisation de cette ambition géoéconomique.
